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Comment les marques exploitent désormais la messagerie RCS pour leurs campagnes

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Deux professionnels consultent une messagerie RCS sur smartphone au bureau
Le RCS mise sur l’expéditeur vérifié et l’interactivité pour restaurer la confiance.

Le SMS a longtemps Ă©tĂ© le couteau suisse de la relation client, confirmation de commande, rappel de rendez-vous, code de sĂ©curitĂ©. Mais depuis deux ans, un dĂ©tail a tout abĂ®mĂ©, le lien. Entre messages frauduleux, usurpation d’identitĂ© et rĂ©flexe « je ne clique plus », la messagerie mobile a perdu une partie de sa crĂ©dibilitĂ©, y compris quand la marque est lĂ©gitime.

Le RCS, pour Rich Communication Services, revient au centre du jeu avec une promesse simple, remettre de la confiance dans un canal universel. ExpĂ©diteur authentifiĂ©, logo affichĂ©, boutons d’action, contenus visuels, tout ce qui manquait au SMS pour redevenir un vrai parcours client. Les chiffres avancĂ©s par l’Ă©cosystème parlent de taux de lecture 70% Ă  85% et d’ouverture autour de 80%, lĂ  oĂą l’email plafonne souvent sous 20%.

Google impose l’expĂ©diteur vĂ©rifiĂ© pour sĂ©curiser le RCS

Le point qui change la perception, c’est l’expĂ©diteur. Sur un SMS, un numĂ©ro ou un nom peut ĂŞtre falsifiĂ©, ce qui alimente l’usurpation et le phishing. En RCS, l’envoi par une entreprise passe par un processus de vĂ©rification, avec un profil de marque qui s’affiche dans la conversation. Ce mĂ©canisme, portĂ© par Google cĂ´tĂ© Ă©cosystème, vise Ă  rĂ©duire l’ambiguĂŻtĂ©, tu sais qui parle, et tu le vois tout de suite.

Dans la pratique, la confiance ne se dĂ©crète pas, elle se constate dans l’interface. Le logo, le nom commercial, la cohĂ©rence visuelle, ce sont des repères. Un responsable CRM d’un grand rĂ©seau de services, prĂ©nommĂ© Marc, rĂ©sume le sujet sans dĂ©tour, « sur SMS, on demande au client un acte de foi, sur RCS, on lui donne des preuves ». Ce n’est pas magique, mais ça rĂ©duit le doute au moment oĂą l’utilisateur dĂ©cide d’ouvrir ou d’ignorer.

La sĂ©curitĂ© progresse, mais il faut la raconter correctement. Dire « c’est sĂ©curisé » ne suffit pas, surtout quand le public a Ă©tĂ© exposĂ© Ă  des vagues de faux messages. Le RCS limite l’usurpation via l’authentification de l’expĂ©diteur, mais il ne protège pas de tout, une marque peut encore mal configurer ses parcours, ou envoyer des contenus trop agressifs. La confiance se gagne aussi avec la frĂ©quence, le ton, et le respect du contexte.

Le retour d’un canal « lĂ©gitime » a un effet direct sur les usages. Quand un message ressemble Ă  une mini-conversation de service, il est moins perçu comme une pub dĂ©guisĂ©e. C’est lĂ  que le RCS redevient un parcours client, confirmation d’achat, suivi, assistance, au mĂŞme endroit. Mais il y a une nuance, si trop d’acteurs s’y ruent pour pousser des promos, le canal peut se dĂ©grader comme l’email. L’Ă©quilibre dĂ©pendra des pratiques.

Af2m et les marques misent sur 80% d’ouverture en RCS

Les professionnels du messaging mettent en avant un indicateur qui frappe, un taux d’ouverture autour de 80% pour le RCS, citĂ© dans l’Ă©cosystème français. Ce niveau se compare Ă  un SMS « historique », très lu par nature, mais avec une diffĂ©rence, l’ouverture ne suffit plus si l’utilisateur n’ose pas cliquer. Le RCS cherche Ă  transformer cette lecture en action, sans dĂ©clencher l’alarme mentale du « lien suspect ».

Sur l’interaction, les chiffres circulent beaucoup, avec des taux de clics 15% Ă  30% observĂ©s sur des campagnes RCS, contre 4% Ă  7% pour le SMS traditionnel. L’Ă©cart s’explique par la prĂ©sence de boutons d’action intĂ©grĂ©s, les CTA, et par la mise en scène du contenu, image, carrousel, fiche produit. Le message devient une Ă©tape du parcours, pas juste une notif qui renvoie vers un site.

Un exemple concret aide Ă  comprendre. Une enseigne envoie « Votre commande est prĂŞte » en SMS, avec un lien de retrait. Le client lit, hĂ©site, se demande si le lien est fiable, et remet Ă  plus tard. En RCS, le mĂŞme message peut afficher le nom vĂ©rifiĂ©, un bouton « Voir le point de retrait », un autre « Appeler », et une carte. RĂ©sultat, moins d’effort, moins de doute, plus d’exĂ©cution.

Il faut quand mĂŞme garder la tĂŞte froide sur les mĂ©triques. Un taux de clic Ă©levĂ© peut reflĂ©ter une bonne ergonomie, mais aussi une base ultra qualifiĂ©e ou une campagne très ponctuelle. Marc, cĂ´tĂ© marketing, le dit franchement, « si tu envoies un RCS mal ciblĂ©, tu obtiens une rĂ©action, mais pas forcĂ©ment celle que tu veux ». Le RCS amĂ©liore le contenant, pas la stratĂ©gie de segmentation. Le risque, c’est de confondre format moderne et pertinence.

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Le SMS avec lien recule face au bouton RCS et sa prévisualisation

Le « SMS avec lien » est devenu le symbole d’une friction psychologique. Tu reçois un texte court, parfois impersonnel, avec une URL raccourcie, et tu dois dĂ©cider en une seconde si tu cliques. Dans ce contexte, le RCS apporte une alternative, il montre ce qui t’attend, et il remplace le lien brut par des boutons. Une donnĂ©e souvent citĂ©e dans l’Ă©cosystème, une Ă©tude Google (2024) indique que 73% des utilisateurs seraient plus enclins Ă  cliquer sur un bouton RCS accompagnĂ© d’une prĂ©visualisation que sur un lien SMS classique.

La diffĂ©rence tient Ă  la transparence. Une image de produit, une vignette de confirmation, un intitulĂ© de bouton clair, ce sont des signaux. Sur un rappel de rendez-vous, le bouton « Confirmer » ou « Reporter » Ă©vite de renvoyer vers une page web. Sur une livraison, un bouton « Suivre le colis » peut s’accompagner d’un aperçu et d’une carte. Le message devient une interface lĂ©gère, ce qui rĂ©duit la peur de tomber sur une page frauduleuse.

Le bĂ©nĂ©fice se voit aussi dans le service client. Un SMS pousse souvent vers un call center ou un site, avec des Ă©tapes. En RCS, tu peux proposer un choix immĂ©diat, « Parler Ă  un conseiller », « Consulter la FAQ », « Modifier l’adresse ». Cette logique de micro-parcours rĂ©duit la charge sur les canaux plus coĂ»teux, tĂ©lĂ©phone et email. Mais attention, si derrière le bouton tu renvoies vers un site lent ou mal adaptĂ© mobile, l’avantage s’Ă©vapore.

Il y a un point critique, le RCS n’est pas une baguette magique contre la fraude. Il rĂ©duit l’usurpation d’expĂ©diteur quand le dispositif de vĂ©rification est en place, mais il n’empĂŞche pas une marque lĂ©gitime de se faire pirater ses process, ni un utilisateur de se faire manipuler ailleurs. L’intĂ©rĂŞt, c’est de diminuer les cas oĂą le client doute du message authentique. Et ça, pour une banque, un assureur, un transporteur, c’est dĂ©jĂ  Ă©norme.

iOS 18 élargit la compatibilité RCS au marché français

Un frein historique du RCS, c’Ă©tait la perception « Android only ». Le marchĂ© bouge avec l’arrivĂ©e du support cĂ´tĂ© iOS 18, ce qui change le calcul des directions marketing. Des projections d’adoption Ă©voquent une montĂ©e rapide des iPhone compatibles en France, 15% en janvier 2025, 35% en mars, 60% en juin, jusqu’Ă  80% en dĂ©cembre 2025. L’idĂ©e derrière ces chiffres, c’est que le canal devient progressivement universel.

Pour les marques, ce basculement modifie la stratĂ©gie de dĂ©ploiement. Tant que le RCS ne couvre qu’une partie du parc, il faut gĂ©rer deux expĂ©riences, RCS pour certains, SMS pour les autres. Les acteurs du messaging insistent sur le « fallback », quand le terminal ne supporte pas le RCS, le message retombe en SMS. C’est pragmatique, tu lances des campagnes sans perdre de reach, tout en testant des parcours plus riches sur la base compatible.

Dans un scĂ©nario de prise de rendez-vous, la diffĂ©rence est nette. Sur RCS, tu envoies un rappel avec deux boutons, « Je confirme » et « Je dĂ©cale », plus un bouton « ItinĂ©raire ». Sur SMS, tu restes sur « RĂ©pondre OUI/NON » ou un lien. Quand la compatibilitĂ© s’Ă©largit, tu peux standardiser l’expĂ©rience et mesurer plus finement. Les indicateurs de lecture et de saisie, souvent citĂ©s comme apports du RCS, aident aussi Ă  piloter le support.

La nuance, c’est que la compatibilitĂ© ne signifie pas adoption parfaite. Les parcours dĂ©pendent aussi des opĂ©rateurs, des paramĂ©trages, et des choix des utilisateurs. Une partie du public reste attachĂ©e Ă  WhatsApp ou Messenger, et ne veut pas multiplier les canaux. Le RCS a un avantage, il ne dĂ©pend pas d’une application tierce, mais il doit prouver qu’il n’ajoute pas de bruit. Sinon, le client se contente d’ignorer, quel que soit le format.

DialOnce et l’IA conversationnelle transforment le RCS en mini-service

Le RCS est souvent dĂ©crit comme une « mini-application » dans la messagerie, avec des contenus enrichis et des actions intĂ©grĂ©es. Des acteurs comme DialOnce mettent en avant des usages concrets, confirmation de commande enrichie, rappel de rendez-vous interactif, suivi de livraison avec cartes dynamiques. L’intĂ©rĂŞt n’est pas esthĂ©tique, c’est la rĂ©duction des Ă©tapes. Moins de pages web, moins de formulaires, plus de dĂ©cisions prises dans le fil de discussion.

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Un cas typique, la livraison. Au lieu d’un SMS « Votre colis arrive, cliquez », le RCS peut afficher une carte, une plage horaire, et des boutons « Changer la date » ou « Donner une instruction ». Pour une entreprise, chaque interaction Ă©vitĂ©e au tĂ©lĂ©phone compte. Pour le client, c’est du temps gagnĂ©, et une impression de contrĂ´le. Les indicateurs de lecture et de saisie ajoutent une couche de transparence, le client voit que la demande est prise en compte.

L’autre accĂ©lĂ©rateur, c’est l’intĂ©gration d’IA conversationnelle. L’idĂ©e, c’est d’automatiser une partie des Ă©changes, rĂ©pondre instantanĂ©ment, qualifier une demande, proposer une action. Sur un parcours de SAV, un agent peut demander « NumĂ©ro de commande », puis proposer « Retour » ou « Échange » via boutons. Ce modèle permet de personnaliser Ă  grande Ă©chelle, mais il impose une discipline, si l’IA se trompe, la frustration est immĂ©diate car le canal est perçu comme direct.

Marc, cĂ´tĂ© relation client, met une limite utile, « si tu remplaces un conseiller par un bot sans porte de sortie, tu crĂ©es un mur ». Le RCS peut rĂ©duire le temps de rĂ©ponse, mais il doit garder une option humaine, surtout sur les sujets sensibles, facturation, litiges, fraude. La promesse de confiance se joue lĂ , pas seulement dans le logo. Un canal vĂ©rifiĂ© qui enferme l’utilisateur dans un script peut perdre plus vite qu’un email mal rĂ©digĂ©.

Ă€ retenir

  • Le RCS remet la confiance au centre grâce Ă  l’expĂ©diteur vĂ©rifiĂ© et au profil de marque
  • Les campagnes RCS affichent des taux d’ouverture autour de 80% et des CTR annoncĂ©s de 15% Ă  30%
  • Les boutons et prĂ©visualisations rĂ©duisent la friction du “SMS avec lien” et son doute associĂ©
  • L’arrivĂ©e du RCS cĂ´tĂ© iOS 18 Ă©largit la couverture et facilite une stratĂ©gie avec fallback SMS
  • L’intĂ©gration d’IA conversationnelle peut accĂ©lĂ©rer le support, Ă  condition de garder une sortie humaine

Questions fréquentes

Qu’est-ce qui distingue concrètement le RCS d’un SMS classique ?
Le RCS ajoute des fonctions natives de messagerie enrichie, profil de marque, contenus visuels, carrousels, boutons d’action, et des signaux de conversation comme la lecture ou la saisie. Le SMS reste un message texte simple, souvent utilisé avec un lien externe, avec plus de friction et une identité d’expéditeur plus facile à usurper.
Pourquoi l’expéditeur vérifié change la confiance côté client ?
Le RCS intègre un processus d’authentification pour les entreprises, ce qui permet d’afficher un nom et un logo de marque dans la conversation. Le client n’a plus seulement un numéro ou un libellé ambigu, il voit une identité cohérente. Cette clarté réduit une partie du doute qui s’est installé avec les vagues de phishing par SMS.
Quels résultats de performance sont généralement avancés pour le RCS ?
Les chiffres mis en avant dans l’écosystème évoquent un taux d’ouverture autour de 80% et des taux de lecture 70% à 85%. Pour l’interaction, des CTR 15% à 30% sont souvent cités, à comparer à 4% à 7% pour des SMS traditionnels. Les résultats varient selon la base, le ciblage et le scénario.
Le RCS fonctionne-t-il sur iPhone et Android en 2025 ?
Le RCS est historiquement très présent sur Android, et l’arrivée du support côté iOS 18 élargit la compatibilité. Des projections d’adoption évoquent une hausse rapide de la part d’iPhone compatibles en France au fil de 2025. Dans les stratégies de déploiement, le fallback vers le SMS reste utilisé pour couvrir les terminaux non compatibles.
Le RCS peut-il remplacer une application ou un site dans un parcours client ?
Sur certains scénarios, oui partiellement. Le RCS peut intégrer des actions directes, confirmer un rendez-vous, reprogrammer une livraison, accéder à une fiche ou déclencher un appel. Il réduit des étapes et améliore l’exécution dans la messagerie. Mais un site ou une app restent nécessaires pour des parcours complexes, et la qualité du service dépend aussi du contenu et de l’orchestration, pas uniquement du format.
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