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3 euros pour 100 km, près de 12 euros en essence, cette étude révèle l’écart qui surprend les automobilistes français

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3 euros pour 100 km, près de 12 euros en essence, cette étude révèle l'écart qui surprend les automobilistes français
© Image générée par IA / Ideogram

Rouler en voiture électrique coûte jusqu’à trois fois moins cher qu’avec un modèle essence pour les trajets du quotidien, selon une étude relayée par Ouest-France. Le principal écart se joue sur l’énergie: autour de 2,50 à 3 euros pour 100 km en recharge domestique, contre près de 12 euros avec une compacte essence consommant 6,5 l/100 km. Le calcul devient plus complexe lorsque l’achat du véhicule, les aides publiques, l’entretien et la durée de détention entrent dans l’équation.

La recharge à domicile ramène les 100 km à 3 euros

Le premier levier d’économie tient au lieu de recharge. Avec une consommation comprise entre 16 et 18 kWh/100 km, une voiture électrique rechargée à domicile revient généralement entre 2,50 et 3 euros pour parcourir 100 km en heures creuses, selon les hypothèses citées dans l’étude. Ce montant repose sur un prix d’environ 0,16 euro par kWh, hors pertes liées à la recharge, qui peuvent varier selon le chargeur, la température extérieure et l’état de la batterie.

Cette donnée explique l’écart constaté par de nombreux conducteurs réguliers. Pour un trajet quotidien de 40 km, le coût mensuel de l’énergie reste contenu lorsque la voiture est branchée la nuit dans un garage ou sur une place équipée. L’AVERE, association spécialisée dans la mobilité électrique, estime que plus de 85 % des recharges sont effectuées à domicile. Cette proportion place le tarif résidentiel au centre de la comparaison économique.

Le prix public des bornes rapides donne une lecture différente. Sur autoroute, le kWh peut coûter nettement plus cher, surtout lors de recharges ponctuelles sans abonnement. Dans ce cas, le coût aux 100 km augmente et réduit l’avantage par rapport à l’essence. Mais l’usage majoritaire d’un véhicule reste souvent composé de trajets domicile-travail, de courses locales et de déplacements périurbains, moins dépendants des stations rapides.

La maîtrise du calendrier de recharge ajoute un autre facteur. Les heures creuses, les offres dédiées aux véhicules électriques et le pilotage via application permettent d’abaisser la facture. Cette optimisation reste plus accessible aux ménages disposant d’un stationnement privé. Les habitants d’immeubles collectifs sans borne, les locataires ou les foyers dépendants de la voirie rencontrent une contrainte supplémentaire, qui peut peser sur le budget réel.

Recharge à domicile d’une voiture électrique pendant les heures creuses
La recharge nocturne en heures creuses abaisse fortement le coût aux 100 km. — Photo : smart-me AG / Pexels

L’essence à 1,94 euro creuse l’écart au quotidien

La comparaison devient défavorable au thermique lorsque le carburant approche 1,94 euro le litre. Un modèle essence consommant 6,5 l/100 km réclame près de 12 euros pour parcourir 100 km. Face aux 2,50 à 3 euros observés en recharge domestique, l’écart atteint couramment un rapport de trois à quatre. Il s’agit du poste le plus lisible pour les automobilistes, car il apparaît à chaque passage à la pompe ou sur chaque facture d’électricité.

La volatilité du carburant renforce cette différence. Le prix du litre d’essence dépend des marchés pétroliers, du taux de change, du raffinage, des marges de distribution et de la fiscalité. Une hausse de quelques centimes se traduit vite par plusieurs euros supplémentaires sur un plein. À l’inverse, le prix de l’électricité résidentielle évolue dans un cadre plus régulé, même si les contrats et les options tarifaires varient selon les fournisseurs.

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Pour un conducteur parcourant 15 000 km par an, le budget carburant d’une compacte essence peut approcher 1 900 euros avec les hypothèses retenues. Un véhicule électrique comparable, rechargé majoritairement à domicile, peut descendre autour de 450 euros à 550 euros d’électricité annuelle. L’économie dépasse alors 1 300 euros par an, avant prise en compte de l’entretien, de l’assurance et du coût d’acquisition.

Ce calcul doit être ajusté selon les usages. Un gros rouleur qui recharge surtout à domicile bénéficie d’un avantage marqué. Un conducteur réalisant de longs trajets autoroutiers fréquents et utilisant des bornes rapides paie davantage son énergie. Le rendement du véhicule compte également: une petite citadine électrique consomme moins qu’un SUV lourd, tandis qu’une berline essence sobre limite partiellement l’écart. La comparaison pertinente se fait modèle par modèle, avec un kilométrage réaliste.

Comparaison en concession entre voiture électrique et modèle essence neuf
Le prix d’achat reste un critère central, surtout sans aides publiques. — Photo : Ashley Yeh / Pexels

L’UFC-Que Choisir chiffre 20 100 euros d’écart sur seize ans

L’étude citée prend l’exemple d’une berline compacte conservée seize ans, avec des références du marché comme la Peugeot 308 et la Tesla Model 3. Sur l’ensemble de la période, la facture totale atteint 64 600 euros pour l’électrique et 84 700 euros pour l’équivalent essence. L’écart de 20 100 euros intègre l’achat, l’énergie et les principaux coûts d’usage. Il illustre une réalité souvent masquée par le prix d’entrée plus élevé des modèles électriques.

Le raisonnement sur longue durée modifie la perception du coût. À l’achat, une voiture électrique neuve reste fréquemment plus chère qu’un modèle thermique comparable. Mais les dépenses d’énergie réduites, l’entretien mécanique allégé et la moindre usure de certaines pièces compensent progressivement le surcoût initial. Un moteur électrique comporte moins d’éléments soumis à frottement, sans vidange moteur, filtre à carburant, embrayage classique ou ligne d’échappement.

Le poste entretien ne disparaît pas pour autant. Les pneus peuvent s’user plus vite sur des modèles lourds et puissants, surtout en conduite dynamique. Les freins sont moins sollicités grâce à la récupération d’énergie, mais les contrôles restent indispensables. La batterie concentre une part importante de la valeur du véhicule, même si les garanties constructeur couvrent souvent plusieurs années et un kilométrage élevé. Le coût réel dépend aussi de la décote sur le marché de l’occasion.

La durée de conservation joue un rôle déterminant. Sur quatre ans, l’avantage de l’électrique peut être moins net, notamment pour un achat neuf sans aide. Sur seize ans, les économies d’usage s’accumulent et pèsent davantage que l’écart initial. Ce résultat intéresse les ménages qui gardent longtemps leur voiture, mais aussi les flottes professionnelles, les taxis et les collectivités, pour lesquels le kilométrage annuel amplifie rapidement la différence de coût.

Les aides publiques restent décisives pour l’achat neuf

L’étude souligne une limite importante: sans aides publiques et sur une courte période, le propriétaire d’une électrique neuve peut payer plus cher qu’un automobiliste resté à l’essence. Le bonus écologique, la prime à la conversion selon les cas et certaines aides locales modifient fortement l’équation. Leur niveau, leur ciblage social et les critères de production des véhicules influencent directement la décision d’achat.

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Cette dépendance aux aides explique les écarts entre profils. Un ménage éligible au bonus et disposant d’une borne à domicile peut atteindre un coût d’usage très compétitif. Un foyer non éligible, vivant en copropriété non équipée et contraint d’utiliser des bornes publiques plus chères, obtient un résultat moins favorable. Le prix de l’assurance, la valeur de revente et les frais de financement doivent aussi être intégrés avant de signer un bon de commande.

Le marché de l’occasion peut redistribuer les cartes en 2026. Les premières générations de modèles électriques récents arrivent en plus grand nombre chez les revendeurs, avec des prix plus accessibles que le neuf. Pour les acheteurs capables de vérifier l’état de batterie, l’historique de recharge et la garantie restante, l’occasion électrique devient une option financièrement solide. Elle réduit le coût d’entrée tout en conservant l’avantage énergétique.

Les constructeurs et les distributeurs adaptent déjà leurs offres. Leasing social, contrats de location longue durée, forfaits de recharge et garanties batterie servent à rassurer les acheteurs. La comparaison avec l’essence ne se résume plus au prix affiché en concession. Elle repose sur le coût total de possession, une notion encore peu familière pour une partie du public, mais centrale dans les arbitrages de mobilité en 2026.

Questions fréquentes

Pourquoi la voiture électrique coûte-t-elle moins cher à l’usage ?
Le principal écart vient de l’énergie. Une recharge à domicile en heures creuses revient souvent entre 2,50 et 3 euros aux 100 km, quand une compacte essence peut approcher 12 euros avec un litre à 1,94 euro.
L’électrique est-il toujours moins cher que l’essence ?
Non. Le résultat dépend du prix d’achat, des aides, du kilométrage, du lieu de recharge et de la durée de conservation. Sur une courte période sans aide, un modèle électrique neuf peut coûter davantage.
Quel profil profite le plus des économies annoncées ?
Les conducteurs qui roulent régulièrement, rechargent surtout à domicile et conservent leur véhicule longtemps bénéficient du meilleur équilibre économique. Les usages autoroutiers fréquents avec recharge rapide réduisent l’avantage.

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À retenir

  • La recharge domestique coûte souvent 2,50 à 3 euros aux 100 km.
  • Un modèle essence à 6,5 l/100 km approche 12 euros aux 100 km.
  • L’écart total atteint 20 100 euros sur seize ans dans l’étude citée.
  • Les aides publiques restent déterminantes pour rentabiliser un achat neuf.
  • Le profil de recharge modifie fortement le coût réel d’usage.

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