Un réfrigérateur, un lave-linge ou un téléviseur acheté avec une note A+++ peut désormais apparaître en C ou D sur une nouvelle étiquette, sans modification technique ni hausse réelle de consommation. Le phénomène, mis en avant par Selectra, tient à la refonte européenne de l’étiquette énergie, destinée à rendre les comparaisons plus lisibles pour les ménages en 2026.
L’Union européenne a supprimé les classes A+, A++ et A+++
La principale explication se trouve dans la réforme engagée par l’Union européenne pour simplifier l’affichage énergétique. Pendant des années, les fabricants ont amélioré les performances de leurs produits au point de saturer le haut de l’ancienne grille. Les classes A+, A++ et A+++ sont devenues majoritaires sur de nombreux rayons, ce qui rendait la comparaison difficile pour un acheteur non spécialiste.
La nouvelle échelle revient à une notation de A à G, sans signe plus. Le retour à sept lettres vise à créer de l’espace pour les progrès technologiques futurs. Dans ce cadre, la classe A est volontairement réservée aux appareils les plus performants du marché, parfois très peu nombreux lors du lancement d’une catégorie révisée. Un produit qui figurait tout en haut de l’ancien classement peut donc se retrouver en C, D ou E.
Ce reclassement ne signifie pas que l’appareil consomme davantage qu’avant. Le compresseur du réfrigérateur, le moteur du lave-linge ou la dalle du téléviseur n’ont pas été modifiés par la nouvelle étiquette. C’est le référentiel de calcul qui change, avec des seuils resserrés et des méthodes harmonisées. La lettre devient plus sévère, mais la consommation réelle mesurée en kilowattheures reste l’indicateur à examiner.
La réforme répond aussi à une demande de clarté du côté des associations de consommateurs. Une mention A+++ pouvait donner l’impression qu’un appareil était presque imbattable, alors que des écarts notables existaient entre modèles portant la même lettre élargie. La nouvelle grille crée une hiérarchie plus fine et replace chaque produit dans un marché devenu plus performant, en résultat d’années d’innovation industrielle.

Réfrigérateurs et lave-linge utilisent une échelle A à G
Les premiers rayons concernés ont été ceux où les écarts de performance étaient les plus visibles pour les ménages. Les réfrigérateurs, congélateurs, lave-linge, lave-vaisselle, téléviseurs et écrans ont basculé vers la nouvelle étiquette avant que d’autres familles de produits ne suivent. En magasin, deux appareils très proches en apparence peuvent porter des lettres différentes, car les critères tiennent compte de leur capacité, de leur usage type et de leur consommation annuelle.
Pour un lave-linge, la comparaison ne repose pas uniquement sur la puissance instantanée. La nouvelle fiche met en avant la consommation pour 100 cycles, le volume d’eau, la durée du programme éco et le niveau sonore. Un modèle anciennement A+++ peut se retrouver en C si ses performances restent bonnes mais moins avancées que celles des modèles récents. Le même raisonnement vaut pour les lave-vaisselle, où le cycle standard sert de référence.
Dans le froid domestique, la notation tient compte du volume utile et du fonctionnement continu. Un grand combiné familial peut afficher une consommation annuelle plus élevée qu’un petit réfrigérateur, tout en restant correctement classé si son efficacité par litre est satisfaisante. La lettre doit donc être lue avec la capacité indiquée sur l’étiquette. Comparer un appareil de 350 litres avec un modèle de 180 litres sans tenir compte de cet écart peut conduire à une mauvaise interprétation.
La nouvelle étiquette intègre aussi un QR code renvoyant vers une base européenne de données produits. Cet outil permet de vérifier les caractéristiques déclarées par le fabricant et d’accéder à des informations normalisées. Pour l’acheteur, l’intérêt réside moins dans la lettre seule que dans l’ensemble des données affichées, notamment les kilowattheures, le bruit en décibels et les volumes utiles.

Les anciennes notes A+++ persistent dans les foyers français
La confusion vient souvent de la coexistence de deux références dans les logements. Un ménage peut posséder une facture d’achat mentionnant A+++, une notice imprimée avec l’ancienne grille, puis découvrir en ligne une fiche récente plaçant un modèle équivalent en C ou D. Cette situation donne l’impression d’un déclassement individuel, alors qu’il s’agit d’un changement de barème appliqué à tout le marché.
Les anciens autocollants collés sur les appareils ne sont pas remplacés dans les cuisines, les buanderies ou les salons. Un consommateur peut donc voir chaque jour une mention valorisante datant de l’achat, tandis que les comparateurs actuels utilisent une grille plus stricte. Les distributeurs et les sites spécialisés doivent composer avec cette transition, surtout pour les références proches d’anciens modèles encore présentes dans les catalogues.
La conséquence pratique se mesure lors d’une revente, d’une location meublée ou d’un remplacement d’appareil. Un propriétaire peut annoncer un équipement bien classé sur la base de l’étiquette d’origine, tandis qu’un acheteur averti demandera la consommation en kilowattheures. Pour éviter les malentendus, la donnée la plus robuste reste la consommation annuelle ou par cycle, associée à l’année d’achat et à la catégorie de produit concernée.
Le sujet touche aussi le pouvoir d’achat. Une lettre moins favorable peut inquiéter un ménage qui cherche à réduire sa facture d’électricité, mais elle ne doit pas conduire à remplacer prématurément un appareil fonctionnel. Si un réfrigérateur de dix ans fonctionne correctement, le calcul économique doit intégrer le prix d’un nouvel équipement, l’économie annuelle attendue et la durée probable d’utilisation restante. Le meilleur choix n’est pas toujours l’achat immédiat.
Selectra recommande de comparer les kilowattheures avant la lettre
Dans son explication destinée au grand public, Selectra insiste sur un point central, la lettre ne suffit pas à évaluer le coût d’usage. Deux appareils classés C peuvent afficher des consommations différentes si leur capacité ou leur catégorie varie. Le consommateur doit regarder le nombre de kilowattheures annoncé, puis le rapprocher de son tarif d’électricité et de ses habitudes.
Un exemple simple permet de mesurer l’enjeu. Un congélateur consommant 200 kilowattheures par an coûte 60 euros par an avec une électricité à 0,30 euro le kilowattheure. Un modèle à 150 kilowattheures revient à 45 euros, soit 15 euros d’écart annuel. Si le modèle le plus efficace coûte 180 euros de plus à l’achat, le retour sur investissement dépasse dix ans, hors évolution des prix et hors réparations possibles.
La lecture doit aussi tenir compte de l’usage réel. Un lave-linge très performant utilisé deux fois par semaine n’aura pas le même impact qu’un modèle familial sollicité chaque jour. Pour un téléviseur, la taille de l’écran et le temps d’allumage pèsent fortement dans la facture. La meilleure information se trouve donc dans le croisement entre l’étiquette, les habitudes du foyer et le prix local de l’énergie.
La nouvelle grille garde une utilité réelle pour orienter l’achat, mais elle doit être comprise comme un classement relatif à un marché actualisé. Un ancien A+++ devenu D n’est pas devenu médiocre du jour au lendemain. Il appartient simplement à une génération évaluée avec des critères plus exigeants, face à des modèles récents conçus pour progresser en efficacité énergétique. Pour les ménages, cette nuance évite de confondre déclassement administratif et perte de performance technique.
Questions fréquentes
- Pourquoi mon appareil A+++ peut-il être classé C ou D ?
- La note change parce que l’Union européenne a remplacé l’ancienne grille A+, A++ et A+++ par une échelle plus stricte de A à G. L’appareil n’a pas changé, mais les seuils de comparaison sont plus exigeants.
- Un ancien A+++ devenu D consomme-t-il plus qu’avant ?
- Non. Sa consommation réelle reste celle de sa conception d’origine. La nouvelle lettre traduit un reclassement administratif et technique par rapport aux performances actuelles du marché.
- Quelle donnée faut-il regarder avant d’acheter ?
- Il faut comparer les kilowattheures indiqués sur l’étiquette, puis les rapprocher du prix de l’électricité et de l’usage prévu. La lettre aide à se repérer, mais elle ne suffit pas seule.
À retenir
- Les classes A+, A++ et A+++ ont été supprimées.
- Un appareil reclassé C ou D ne consomme pas forcément plus.
- La consommation en kilowattheures reste l’indicateur prioritaire.
- La nouvelle grille A à G rend les comparaisons plus strictes.




















