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XTB : La situation du marché de l’énergie en hiver pourrait être l’une des plus difficiles depuis des années

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Pour l’instant gérable, la situation du marché de l’énergie en hiver pourrait être l’une des plus difficiles de ces dernières années, selon Claudiu Cazacu, conseiller stratégique chez XTB Roumanie.

En Allemagne, le prix de base a atteint 328 EUR/MWh, soit plus que le pic de décembre, et a dépassé le chiffre inimaginable de 410 EUR/MWh sur certains segments horaires de forte demande intrajournalière.

Les prix ont déjà réagi à cette hypothèse et, les entrepôts n’étant pas suffisamment remplis pour passer l’hiver, l’Europe envisage le rationnement.

La situation peut être encore plus grave, ce qui signifie un risque d’insolvabilité pour les grandes entreprises de services publics.

L’Allemagne prépare un plan de sauvetage, mais les 9 milliards d’euros déjà annoncés pourraient s’avérer insuffisants en cas de nouvelle flambée des prix de l’énergie.

L’effet du rationnement du gaz et de la priorisation de certains secteurs sur le PIB, calculé par la banque centrale allemande, dépasserait 8 % au premier trimestre 2023.

Le charbon, une solution ?

Les installations polluantes étaient soumises à un calendrier de fermeture permanente… jusqu’à cette année, lorsque des mesures visant à les annuler ou à les rouvrir temporairement ont été mises en œuvre dans divers pays européens.

En plus de l’effet sur les gaz à effet de serre, la qualité de l’air est aussi directement impactée, et le redémarrage de certaines opérations prend du temps que le marché de l’énergie n’a pas.

La faim d’énergie a entraîné une augmentation de 35 % des importations de charbon via les ports d’Anvers et de Rotterdam, pour atteindre 26,9 millions de tonnes au premier semestre, par rapport au premier semestre de 2021.

Les centrales nucléaires, une solution, mais à long terme

Il faut des années entre la conception et la construction des centrales nucléaires, et le vieillissement du parc, associé aux décisions de fermeture de capacités prises il y a plusieurs années, notamment en Allemagne mais pas seulement (la France prévoit également de déclasser un certain nombre de réacteurs), rend impossible dans la pratique une augmentation rapide de la production à partir de ces sources.

Une nouvelle génération de réacteurs modulaires est, au mieux, à attendre des années. Pendant cette période, les travaux d’entretien des centrales électriques en France réduisent saisonnièrement l’approvisionnement en énergie.

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Énergie verte, production variable

L’éolien et le solaire : les énergies renouvelables ont été fortement encouragées par les politiques européennes pro-environnementales, et permettent de répondre aux besoins énergétiques européens, mais ont une fonction de production variable.

Sans une capacité de stockage adéquate, et une accélération du développement, la capacité conventionnelle restera nécessaire pour équilibrer le système.

La production éolienne connaît des épisodes plus intenses, couplés à des périodes où le vent souffle trop peu, parfois en dessous du seuil de démarrage des turbines.

Le changement climatique est également visible ici.

L’eau, une ressource de plus en plus rare ?

L’hydroélectricité : elle aurait pu être une solution équilibrée, fournissant une énergie abondante à faible coût et sans émissions de carbone supplémentaires.

L’élément essentiel, cependant, est la disponibilité de l’eau.

L’eau est devenue rare.

En Allemagne, les rivières se sont presque asséchées, rendant la navigation difficile, voire impossible.

L’ impose l’état d’urgence dans cinq régions du nord après l’assèchement du Pô, avec un rationnement de l’eau. La production d’hydroélectricité, qui fournit 20 % du mix italien, est gravement affectée.

Plus près de nous, le Danube présente des niveaux en baisse, avec des similitudes avec 2003. On espère que les pluies viendront bientôt, afin de ne pas finir par imposer des restrictions à la production à Cernavodă.

Des pluies sont attendues dans les prochains jours, mais l’été ne fait que commencer, et le niveau des réserves fait craindre que l’énergie hydroélectrique soit limitée au moment où elle est le plus nécessaire.

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D’où pourrait venir le salut ?

D’une cessation inattendue des hostilités, qui permettrait la réouverture des canaux bloqués pour le transport des ressources énergétiques, ou, ce qui n’est pas du tout souhaitable, d’un grave ralentissement de l’économie mondiale.

La récession induit inévitablement une réduction de la demande et peut équilibrer les prix, mais les coûts sur les paramètres de la vie sociale et économique sont trop importants pour rendre l’option attractive.

Pourtant, le américain WTI n’a chuté que mardi de 8 % pour passer sous la barre des 100 dollars le baril, et une analyse de Citi parlait d’un prix de 65 dollars le baril, précisément à cause de la récession.

Les marchés commencent à accorder une chance croissante à cette hypothèse.

De nouveaux cas de covidie ont été détectés dans plusieurs quartiers de Shanghai, et les bourses adoptent désormais une attitude différente de la période de hausse, anticipant de nouvelles fermetures de certaines parties de la ville et préférant se positionner avec prudence dès les premiers signes.

À long terme, on espère des percées transformatrices dans les batteries ou d’autres formes de stockage de l’énergie, et de manière révolutionnaire, dans de nouvelles technologies telles que la fusion nucléaire, ce qui pourrait prendre des décennies.

À l’horizon des prochaines années, des sources alternatives d’importation de gaz et d’énergie pourraient alléger la charge du secteur.

Mais pour l’instant gérable, la situation du marché de l’énergie en hiver pourrait être l’une des plus difficiles depuis des années.

Les pays européens espèrent qu’au moins la nature leur donnera un coup de pouce : des précipitations abondantes pour rétablir les niveaux d’eau afin que l’hydroélectricité puisse fonctionner selon des paramètres optimaux et que les consommateurs comprennent la nécessité d’utiliser les ressources de manière rationnelle.

Au niveau industriel, les investissements majeurs dans l’efficacité énergétique font partie de la solution.

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Nouvelle journaliste chez The Inquirer, adepte des jeux vidéos, et de la pâtisserie dans la vie de tous les jours, je vous partage ici mes actualités que je juge importantes de relayer !