Accueil Dernières minutes ! Internationales L’Europe à la recherche d’un leader pour l’ère post-Merkel : Continuité avec...

L’Europe à la recherche d’un leader pour l’ère post-Merkel : Continuité avec Scholz, opportunité pour Macron ou « Super Mario » ?

54
0

Emmanuel Macron, Mario Draghi ou Olaf
Scholz ? Qui va remplacer Angela Merkel en tant que locomotive de l’Europe en
alors que la chancelière allemande en exercice prépare son départ.
de la scène après 16 ans de direction, demande l’AFP, selon Le Vif.

Angela Merkel, qui sera officiellement remplacée en décembre par le social-démocrate Olaf Scholz, a marqué l’Europe de son empreinte en contribuant à sa cohésion dans une longue série de crises.

Le concours pour le leadership de l’Europe commence la semaine prochaine et reste ouvert jusqu’en 2022. Mais selon certains experts, les attentes risquent de se solder par une déception.

Après tout, il est probable qu’aucun dirigeant d’État en Europe n’a actuellement la capacité de relever seul les défis auxquels le vieux continent est confronté, qu’il s’agisse du déclin de l’État de droit dans certains pays, du risque de marginalisation géopolitique ou des répercussions du Brexit.

Angela Merkel, qui passera officiellement le relais mercredi prochain au social-démocrate Olaf Scholz, a marqué l’Europe de son empreinte en maintenant sa cohésion face aux crises.

Elle « est considérée comme le leader de facto de l’Union européenne et aussi du monde libre », déclare Sebastian Reiche, professeur à l’université IESE de Navarre, en Espagne.

Selon un sondage récemment publié par le groupe de réflexion du Conseil européen des relations étrangères, 41 % des citoyens européens voteraient pour Angela Merkel à la présidence de l’Europe, contre seulement 14 % pour Emmanuel Macron, s’ils le pouvaient.

Une opportunité pour Macron

Le chef de l’État français a désormais une opportunité, avec le tremplin de la présidence semestrielle du Conseil de l’UE, que Paris assurera à partir du 1er janvier pour les six prochains mois.

Le départ de Merkel « pourrait permettre le développement de la vision française d’une Europe forte, une ambition défendue par le président Macron depuis son arrivée au pouvoir » en mai 2017, évalue Alexandre Robinet-Borgomano dans une analyse pour l’Institut Montaigne.

« Le président français Macron mène la course » pour prendre la tête de l’Europe, « bien que ses tentatives autoproclamées de donner à l’Union européenne une orientation politique claire aient jusqu’à présent été contrecarrées », écrit Helen Thompson, professeur à l’université de Cambridge, dans un récent article du New York Times.

« Super Mario »

Le traité franco-italien qu’il vient de signer avec Mario Draghi n’est pas passé inaperçu dans ce contexte, à l’heure où de nouvelles alliances se nouent dans une Europe post-Brexit.

D’autant plus que le chef du gouvernement italien, surnommé « Super Mario » après avoir obtenu la présidence de la Banque centrale européenne, est également considéré comme un candidat potentiel au leadership européen.

« En tant que bâtisseur de consensus, Mario Draghi pourrait combler le vide laissé par Angela Merkel » dans l’UE, et « contrairement à l’approche de Merkel, il pourrait insuffler un nouveau dynamisme à l’intégration économique ou de défense européenne », explique à l’AFP Nicoletta Pirozzi, du think-tank Istituto Affari Internazionali de Rome.

Draghi pourrait toutefois viser le poste de président italien en 2022, dont les prérogatives sont limitées.

Quant au président français, il doit faire face à une année 2022 difficile sur le plan intérieur, avec une élection présidentielle au printemps dont l’issue s’annonce incertaine face au défi que représente l’extrême droite.

La France pourrait être en proie à des bouleversements politiques internes qui mettraient à l’épreuve sa capacité à développer de grandes visions européennes.

Et Olaf Scholz ? En Allemagne, longtemps surnommée la « Grande Suisse » pour sa tendance à se concentrer sur la prospérité économique et à éviter quelque peu les grandes questions internationales, la tendance est en train de changer.

« Nous voulons accroître la souveraineté stratégique de l’Union européenne » et mieux défendre « les intérêts européens communs », peut-on lire dans le contrat de la nouvelle coalition gouvernementale à Berlin.

Olaf Scholz PHOTO EPA-EFE

Pour réussir, Olaf Scholz, qui se présente comme l’héritier présomptif de la chancelière Angela Merkel, devra encore changer quelque chose.

Il devra rompre avec le « Merkelisme », cette diplomatie de la recherche permanente du compromis, de l’attente dans les crises et de la focalisation sur les intérêts économiques, y compris vis-à-vis de régimes autoritaires comme ceux de la Russie et de la Chine.

Mais ce système atteint ses limites. « Elle ne devrait pas survivre à Merkel » car elle ne permet pas de « trouver une bonne solution aux défis de l’Europe, tels que les pandémies, le changement climatique et la concurrence géopolitique internationale », affirment Piotr Buras et Jana Puglierin dans leur analyse ECFR.

L’Europe sans tête ?

Emmanuel Macron, partisan de solutions plus vigoureuses, est, dans ce contexte, le mieux placé ?

« Même si un leadership de Macron reste une option, il est peu probable » en raison des difficultés qu’il aura à construire les « alliances » nécessaires, prévient Sebastian Reiche. Paris est souvent soupçonné de vouloir utiliser l’Europe principalement pour servir ses propres intérêts.

Helen Thompson est encore plus pessimiste. « Affaiblie par la rivalité entre les États-Unis et la Chine et profondément divisée sur le plan interne, l’Union européenne ne peut être dirigée à l’heure actuelle, personne ne deviendra une nouvelle Mme Merkel », dit-elle.

« La réalité, pour dire les choses crûment, est que ni la chancelière allemande ni le gouvernement français ne peuvent diriger l’Europe. En l’absence de leadership, l’Europe se dirige vers la stagnation », prédit Thompson.

Article précédentRapport Ericsson : le trafic de données mobiles a été multiplié par 300 au cours des 10 dernières années
Article suivantMonica Davidescu : « Je n’ai jamais rien reçu de tout préparé ».
Digital Nomad depuis 5 ans, en charge de la rédaction du site média The Inquirer, nous sélectionnons pour vous les dernières actualités économiques et internationales de manière indépendante et transparente !