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Les travailleurs de Google et Amazon remplissent les rues pour protester contre le « projet Nimbus » d’IsraĂ«l

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« Pas de justice, pas de paix, les travailleurs de la technologie sont dans la rue ! » Ces mots ont rĂ©sonnĂ© dans l’air Ă  l’extĂ©rieur des bureaux de Ă  alors que les travailleurs quittaient leur poste jeudi soir. Dehors, ils ont fait face Ă  une rue remplie de dizaines d’employĂ©s de Google et d’Amazon opposĂ©s au projet Nimbus, un projet d’informatique en nuage de 1,2 milliard de dollars financĂ© par le gouvernement israĂ©lien.

Alors que les contrats technologiques gouvernementaux sont gĂ©nĂ©ralement attribuĂ©s Ă  une seule entreprise, ce n’est pas le cas du projet Nimbus, pour lequel Google et Amazon collaborent sur ce projet pluriannuel. Les deux entreprises ont devancĂ© un partenariat potentiel entre Microsoft et Oracle, selon une annonce faite par le ministère israĂ©lien des finances au dĂ©but de l’annĂ©e.

Les organisateurs de Google et d’Amazon ont passĂ© la majeure partie de l’annĂ©e Ă  s’opposer au contact, Ă  la fois en interne et par des appels au public, en raison de la crainte que l’armĂ©e israĂ©lienne puisse utiliser les outils respectifs des entreprises pour surveiller ou opprimer les Palestiniens.

« Le projet Nimbus n’est ni la première ni la dernière tentative de Google pour essayer de devenir un contractant militaire », a dĂ©clarĂ© Gabrel Schubiner, ingĂ©nieur logiciel chez Google, lors du rassemblement Ă  New York. « S’il vous plaĂ®t, aidez-nous Ă  empĂŞcher Google de devenir complice de l’apartheid ».

Les manifestants de New York n’Ă©taient qu’une partie des travailleurs du secteur technologique du pays qui ont exprimĂ© leur opposition au projet Nimbus : Des manifestations parallèles ont eu lieu tout au long de la journĂ©e dans les bureaux de Google Ă  San Francisco, Seattle et Durham, en Caroline du Nord.

Collectivement, le mouvement reprĂ©sente l’une des dissidences internes les plus organisĂ©es Ă  l’Ă©gard d’un contrat technologique majeur depuis le court accord sur l’IA du projet Maven conclu par Google avec le ministère amĂ©ricain de la dĂ©fense. Mais contrairement aux efforts prĂ©cĂ©dents, les travailleurs qui sont descendus dans la rue jeudi ont dĂ©montrĂ© leur volontĂ© d’unifier plusieurs entreprises et États sous une seule bannière.

« C’est un moment monumental », a dĂ©clarĂ© un organisateur au dĂ©but du rassemblement. « Il est maintenant temps de se battre, de s’assurer que la technologie que nous construisons est pour de bon ».

Photo : Mack DeGeurin/GizmodoPhoto : Mack DeGeurin/Theinquirer

Google, pour sa part, conteste vigoureusement la caractĂ©risation du contrat par le manifestant. Dans une dĂ©claration envoyĂ©e Ă  Theinquirer par e-mail, un porte-parole de Google a dĂ©fendu la dĂ©cision de l’entreprise de s’associer au gouvernement israĂ©lien et a dĂ©clarĂ© que les travailleurs sur le terrain caractĂ©risaient mal la technologie.

« Comme nous l’avons dĂ©clarĂ© Ă  plusieurs reprises, le contrat concerne les charges de travail exĂ©cutĂ©es sur notre plate-forme commerciale par les ministères du gouvernement israĂ©lien tels que les finances, la santĂ©, les transports et l’Ă©ducation », a dĂ©clarĂ© le porte-parole. « Le groupe de protestation d’aujourd’hui dĂ©forme le contrat – notre travail n’est pas destinĂ© Ă  des charges de travail militaires hautement sensibles ou classifiĂ©es concernant les armes ou les services de renseignement. »

Qui sont les manifestants ?

Bien que la manifestation de jeudi Ă  New York se soit dĂ©roulĂ©e sous un imposant logo blanc de Google, les travailleurs d’Amazon Ă©taient Ă©galement reprĂ©sentĂ©s. « Il n’y a aucun moyen pour Amazon et Google de justifier un contrat avec un gouvernement qui a violĂ© de nombreux droits de l’homme et continue d’opprimer la vie des Palestiniens », a dĂ©clarĂ© Bathool Syed, un travailleur d’Amazon, Ă  Theinquirer.

Les manifestants ont Ă©tĂ© rejoints sur scène par un certain nombre de militants qui dĂ©fendent les droits des Palestiniens et s’opposent Ă  l’utilisation par Big Tech de soi-disant outils de surveillance. L’un de ces militants Ă©tait Linda Sarsour, une militante palestino-amĂ©ricaine chevronnĂ©e, qui a Ă©tĂ© coprĂ©sidente de la Marche des femmes.

« Nous demandons Ă  une sociĂ©tĂ© de ne pas violer les droits de l’homme », a dĂ©clarĂ© Mme Sarsour. « Nous ne vous demandons pas de faire quelque chose que vous ne devriez pas dĂ©jĂ  faire. Nous vous disons de ne pas ĂŞtre complice de la violation des droits de l’homme. »

Amazon n’a pas rĂ©pondu Ă  la demande de commentaire de Theinquirer.

Les travailleurs ne sont pas les seuls à faire pression sur Google et Amazon. Au cours des derniers mois, certains des principaux actionnaires de la société ont également exprimé leurs inquiétudes concernant Nimbus.

Dans un courriel adressĂ© Ă  Theinquirer, Kiran Aziz, responsable des investissements chez KLP, le plus grand fonds de pension norvĂ©gien, a dĂ©clarĂ© ĂŞtre « profondĂ©ment prĂ©occupĂ©e » par le projet. KLP investit Ă  la fois dans Google et Amazon, et s’est rĂ©cemment dĂ©sengagĂ© de Motorola en raison de sa contribution prĂ©sumĂ©e Ă  la surveillance dans les territoires palestiniens occupĂ©s.

« La situation des droits de l’homme s’aggrave avec le gouvernement israĂ©lien qui ferme les ONG, Ă©tend les colonies illĂ©gales et augmente les meurtres de civils, y compris d’enfants palestiniens dans les territoires palestiniens illĂ©galement occupĂ©s », a dĂ©clarĂ© Aziz. « Google et Amazon devraient ĂŞtre conscients des risques et faire preuve de diligence raisonnable. KLP Ă©crit Ă  ces deux sociĂ©tĂ©s pour exiger la transparence et l’annulation du projet Nimbus sur la base des risques Ă©vidents de violation des droits humains fondamentaux. »

Photo : Mack DeGeurin/GizmodoPhoto : Mack DeGeurin/Theinquirer

Qu’est-ce que le Projet Nimbus ?

Bien que peu de dĂ©tails soient connus sur la façon dont IsraĂ«l prĂ©voit de mettre en Ĺ“uvre le projet Nimbus, un rapport de juillet de The Intercept cite des documents de formation internes et des vidĂ©os qui indiquent qu’une partie de l’effort fournira au gouvernement israĂ©lien une « suite complète d’outils d’apprentissage automatique et d’IA » de la plateforme Google Cloud. Les documents suggèrent que le gouvernement pourrait avoir accès Ă  la reconnaissance faciale, au suivi des objets, Ă  la catĂ©gorisation automatisĂ©e des images et Ă  la reconnaissance des Ă©motions, entre autres outils.

Rapports prĂ©cĂ©dents de Le Washington Post indique que l’armĂ©e israĂ©lienne dispose dĂ©jĂ  d’un vaste programme de reconnaissance faciale appelĂ© « Blue Wolf », qui est utilisĂ© pour suivre et surveiller les Palestiniens vivant en Cisjordanie occupĂ©e par IsraĂ«l. Selon le The Post, les membres de l’armĂ©e se rĂ©fèrent avec dĂ©sinvolture Ă  cette base de donnĂ©es de visages comme Ă  « Facebook pour les Palestiniens ».

L’annĂ©e dernière, de multiples organisations de dĂ©fense des droits de l’homme, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ont franchi une Ă©tape importante et ont qualifiĂ© les actions de l’armĂ©e israĂ©lienne en territoire occupĂ© de « crimes contre l’humanitĂ©. » Puis, en octobre, des centaines de travailleurs de Google et d’Amazon ont signĂ© une lettre ouverte publiĂ©e dans The Guardian demandant Ă  leurs entreprises de « couper tout lien avec l’armĂ©e israĂ©lienne ».

« Nous croyons que la technologie que nous construisons doit servir et élever les gens partout, y compris tous nos utilisateurs », ont écrit les travailleurs. « En tant que travailleurs qui font fonctionner ces entreprises, nous sommes moralement obligés de dénoncer les violations de ces valeurs fondamentales. »

Projet Maven 2.0 ?

Le collectif de travailleurs de Google et d’Amazon espère que leur journĂ©e d’action pourra raviver une partie du feu ressenti en 2018, lorsqu’un mouvement de travailleurs de la tech, le premier du genre, a forcĂ© Google Ă  annuler le projet Maven, un programme d’IA destinĂ© Ă  aider les capacitĂ©s des drones du ministère de la DĂ©fense des .

Trois mois plus tard, Ă  la suite d’un reportage de Theinquirer et d’autres mĂ©dias sur le projet et d’un dĂ©saccord interne croissant, une douzaine d’employĂ©s de Google ont dĂ©missionnĂ© de leur poste en signe de protestation. Peu de temps après, Google a fait marche arrière et a dĂ©clarĂ© qu’il ne chercherait pas Ă  obtenir un nouveau contrat Ă  l’expiration du projet Maven.

L’une des principales voix qui s’opposent au projet Maven chez Google affirme qu’elle a Ă©tĂ© contrainte de dĂ©missionner de son emploi depuis sept ans la semaine dernière en raison de reprĂ©sailles pour son activisme. Dans une prĂ©cĂ©dente interview accordĂ©e Ă  Theinquirer, Ariel Koren, l’ancienne responsable marketing de Google, a dĂ©crit un climat d’hostilitĂ© envers les voix pro-palestiniennes. Koren et d’autres activistes ont envoyĂ© de nombreux courriels aux responsables de Google pour leur faire part de leurs inquiĂ©tudes quant aux liens continus de l’entreprise avec IsraĂ«l, mais ces appels n’ont pas Ă©tĂ© entendus ou ont Ă©tĂ© ignorĂ©s. FrustrĂ©, M. Koren a rendu l’affaire publique et a aidĂ© Ă  lancer plusieurs pĂ©titions demandant Ă  Google d’abandonner Nimbus. L’une de ces pĂ©titions a Ă©tĂ© signĂ©e par plus de 800 employĂ©s de Google et 37 500 personnes du public.

« Au lieu d’Ă©couter les employĂ©s qui veulent que Google respecte ses principes Ă©thiques, Google recherche agressivement des contrats militaires et prive ses employĂ©s de leur voix en les rĂ©duisant au silence et en exerçant des reprĂ©sailles Ă  mon Ă©gard et Ă  l’Ă©gard de nombreux autres employĂ©s », a Ă©crit Mme Koren dans une lettre ouverte quelques jours avant sa dĂ©mission.

Mme Koren affirme que Google, une entreprise autrefois applaudie par ses employĂ©s pour sa communication ouverte concernant les dĂ©cisions commerciales, a commencĂ© Ă  garder plus de secrets Ă  l’Ă©poque de Maven, ce qui a ajoutĂ© aux tensions autour du contrat gouvernemental.

« Nimbus est une continuation de ce modèle », a dĂ©clarĂ© Koren. « Lorsque Google a lancĂ© Nimbus, ils n’Ă©taient pas du tout ouverts avec leur personnel. Ils Ă©taient extrĂŞmement secrets. »

Le mĂŞme schĂ©ma s’est apparemment reproduit l’annĂ©e dernière, lorsque des employĂ©s de Google ont dĂ©clarĂ© avoir Ă©tĂ© pris au dĂ©pourvu en apprenant que l’entreprise cherchait activement Ă  conclure un nouveau contrat d’informatique dĂ©matĂ©rialisĂ©e avec le Pentagone, appelĂ© « Joint Warfighting Cloud Capability ». Cet objectif n’a jamais Ă©tĂ© communiquĂ© aux employĂ©s. Un responsable de programme de Google qui s’est entretenu avec Theinquirer Ă  l’Ă©poque a dĂ©clarĂ© que son Ă©quipe n’avait pas Ă©tĂ© mise au courant du programme avant qu’il n’apparaisse sur le site Web de l’entreprise. Le New York Times site web.

« Les travailleurs devraient absolument avoir le droit de savoir à quoi leur travail est affecté », a déclaré le responsable du programme. « Ils devraient également avoir la possibilité de refuser ou de plaider contre le fait de placer le travail des travailleurs vers des moyens non éthiques. »

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