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Le prĂ©sident ukrainien fait la couverture du magazine TIME : « Inside Zelensky’s World ».

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Le prĂ©sident ukrainien Volodimir Zelenski apparaĂ®t en couverture du magazine Time, qui publie un article sur le prĂ©sident ukrainien intitulĂ© « Inside Zelenski’s World ». Simon Schuster, l’auteur de l’article, a racontĂ© ce qu’il a vu pendant les deux semaines qu’il a passĂ©es en avril dans le bureau du dirigeant de Kiev.

« Les pires nuits sont celles oĂą il est allongĂ© dans son lit, les sirènes de raid aĂ©rien hurlant dans ses oreilles et le tĂ©lĂ©phone bourdonnant toujours autour de lui. Sur l’Ă©cran de son tĂ©lĂ©phone, son visage ressemble Ă  un fantĂ´me dans l’obscuritĂ©, et ses yeux scrutent des messages qu’il n’a pas pu lire pendant la journĂ©e. Certains de sa femme et de ses enfants, beaucoup de ses conseillers, des militaires lui demandant encore et encore plus d’armes pour briser le siège russe. Dans son propre bunker, le prĂ©sident a l’habitude de revoir son agenda quotidiennement, mĂŞme lorsque la journĂ©e est terminĂ©e. Il reste Ă©veillĂ© en pensant s’il a manquĂ© quelque chose, s’il a oubliĂ© quelqu’un », Ă©crit le journaliste.

Ce n’est pas l’anxiĂ©tĂ© qui l’empĂŞche de fermer les yeux. « Ma conscience me dĂ©range. » La mĂŞme pensĂ©e tourbillonne constamment dans sa tĂŞte : « Je me suis permis de dormir, mais maintenant, il se passe quelque chose, quelque part en , des bombes tombent encore. Les civils sont toujours piĂ©gĂ©s dans les sous-sols ou sous les dĂ©combres. Les Russes commettent toujours des crimes de guerre, des viols et des tortures. Leurs bombes dĂ©truisent des villes entières. La ville de Mariupol et ses derniers dĂ©fenseurs assiĂ©gĂ©s. Une bataille cruciale a commencĂ© Ă  l’est », dĂ©clare le prĂ©sident.

Il craint que le monde n’oublie la guerre en Ukraine.

« Les gens voient cette guerre sur Instagram, sur les mĂ©dias sociaux. Quand ils en auront assez, la guerre disparaĂ®tra de leur champ de vision. C’est la nature humaine. La terreur a une façon de nous faire fermer les yeux. Il y a beaucoup de sang. Il y a beaucoup d’Ă©motion », explique-t-il. Zelensky sent que l’attention du monde diminue et l’inquiète presque autant que les bombes russes. La plupart des soirs, lorsqu’il passe en revue son agenda, la liste des choses Ă  faire a moins Ă  voir avec la guerre elle-mĂŞme qu’avec la façon dont elle est perçue. Son travail consiste Ă  faire en sorte que le monde libre vive cette guerre de la mĂŞme manière que l’Ukraine : comme une question de survie. Il semble avoir compris. Les et l’Europe se sont prĂ©cipitĂ©s Ă  son secours, donnant Ă  l’Ukraine plus d’armes qu’Ă  tout autre pays depuis la Seconde Guerre mondiale.

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L’expĂ©rience a montrĂ© Ă  quel point Zelensky a changĂ© depuis que le journaliste du Times l’a rencontrĂ© pour la première fois il y a trois ans dans les coulisses de son spectacle comique Ă  , alors qu’il Ă©tait encore un acteur candidat Ă  la prĂ©sidence. Son sens de l’humour n’a pas faibli. Mais deux mois de guerre l’ont rendu plus dur, plus irritable et plus enclin Ă  prendre des risques. Les images de civils morts le hantent. Il en va de mĂŞme pour les appels quotidiens de ses soldats, dont des centaines sont piĂ©gĂ©s sous terre, Ă  court de nourriture, d’eau et de munitions, Ă©crit l’auteur.

Les militaires amĂ©ricains et britanniques ont proposĂ© d’Ă©vacuer le prĂ©sident et son Ă©quipe. L’idĂ©e Ă©tait de contribuer Ă  l’Ă©tablissement d’un gouvernement en exil, très probablement dans l’est de la Pologne, qui pourrait continuer Ă  diriger le pays Ă  distance. Aucun des conseillers de Zelenski ne se souvient qu’il ait sĂ©rieusement envisagĂ© de telles propositions. S’adressant aux États-Unis sur une ligne tĂ©lĂ©phonique sĂ©curisĂ©e, il a rĂ©pondu par une phrase saisissante qui a fait la une des journaux du monde entier : « J’ai besoin de munitions, pas de taxis. »

« Nous avons pensĂ© que c’Ă©tait audacieux », dĂ©clare un fonctionnaire amĂ©ricain qui Ă©tait au courant de l’appel. – Mais très risquĂ©. Les gardes de Zelensky pensaient la mĂŞme chose. Ils l’ont Ă©galement exhortĂ© Ă  quitter ses fonctions immĂ©diatement. Les immeubles de bureaux sont situĂ©s dans une zone densĂ©ment peuplĂ©e, entourĂ©e de maisons privĂ©es qui pourraient servir d’embuscades aux snipers ennemis. Certaines maisons sont suffisamment proches pour que l’on puisse lancer une grenade Ă  travers une fenĂŞtre de l’autre cĂ´tĂ© de la rue », prĂ©cise l’article.

Quelque part Ă  l’extĂ©rieur de la capitale, un bunker sĂ©curisĂ© attendait le prĂ©sident, Ă©quipĂ© pour rĂ©sister Ă  un long siège. Zelensky a refusĂ© d’y aller. La deuxième nuit de l’invasion, alors que les troupes ukrainiennes combattaient les Russes dans les rues voisines, le prĂ©sident a dĂ©cidĂ© de sortir et de filmer un message vidĂ©o sur son tĂ©lĂ©phone. « Nous sommes tous là », a dĂ©clarĂ© M. Zelenski après un « appel nominal » des responsables des environs. Ils Ă©taient vĂŞtus de chemises et de vestes vertes de l’armĂ©e, qui sont devenues leurs uniformes militaires. « Nous dĂ©fendons notre indĂ©pendance, notre pays. »

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Il a compris son rĂ´le

Zelensky a compris son rôle dans la guerre. Les yeux de son peuple et de la plupart du monde étaient braqués sur lui.

DĂ©but avril, l’Ă©quipe a commencĂ© Ă  quitter le bunker beaucoup plus souvent. Les troupes ukrainiennes ont repoussĂ© l’ennemi de la pĂ©riphĂ©rie de Kiev, et les Russes se sont dĂ©placĂ©s pour combattre Ă  l’est. Le 40e jour de l’invasion, Zelensky a fait un dernier voyage hors de son bureau. Ce matin-lĂ , il s’est rendu dans un convoi blindĂ© Ă  Bucea, oĂą les troupes russes ont tuĂ© des centaines de civils.

Zelensky et son Ă©quipe ont continuĂ© Ă  passer la plupart de leurs nuits et de leurs rĂ©unions dans le bunker. Mais le retrait russe leur a permis de travailler dans leurs bureaux habituels. Une diffĂ©rence Ă©vidente Ă©tait l’obscuritĂ©. De nombreuses fenĂŞtres ont Ă©tĂ© recouvertes de sacs de sable. Les lumières ont Ă©tĂ© Ă©teintes pour rendre plus difficile le passage d’Ă©ventuels snipers ennemis.

Le fatalisme a fonctionnĂ© comme un principe d’organisation

Au dĂ©but de la guerre, certaines prĂ©cautions sĂ©vères Ă©taient nĂ©cessaires – portes barricadĂ©es, gilets pare-balles. Plus tard, lorsqu’il n’y a plus eu de risque d’infiltration militaire russe, l’Ă©quipe de Zelensky a rĂ©alisĂ© que de telles dĂ©fenses Ă©taient finalement inutiles. Ils ont fait face Ă  un envahisseur avec un arsenal nuclĂ©aire. Ils ont dĂ©cidĂ© de ne pas se prĂ©senter. Quel Ă©tait l’intĂ©rĂŞt de se cacher, Ă©crit l’auteur.

Pendant plus d’un mois, Zelensky a parlĂ© Ă  deux commandants ukrainiens. Ils Ă©taient les derniers dĂ©fenseurs de Mariupol, la ville d’un demi-million d’habitants que les Russes avaient encerclĂ©e au dĂ©but de l’invasion. Une petite force rĂ©siste encore Ă  l’intĂ©rieur de l’Ă©norme usine d’acier Azovstal. L’un de leurs chefs, le major Sergei Volinsky de la 36e brigade de marines, est en contact avec Zelensky depuis des semaines. « Nous nous connaissons dĂ©jĂ  bien », m’a dit Zelensky. Ils s’appellent souvent ou s’envoient des SMS, parfois au milieu de la nuit.

Le prĂ©sident Zelensky dit qu’il ne sait pas comment la guerre va se terminer et comment l’histoire dĂ©crira sa place dans cette guerre. Jusqu’Ă  prĂ©sent, il sait seulement que l’Ukraine a besoin d’un prĂ©sident de guerre. Et c’est le rĂ´le qu’il jouera, rĂ©sume Simon Schuster.

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