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Le président Erdogan à Kiev propose de servir de médiateur entre l’Ukraine et la Russie

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui se rendra à Kiev aujourd’hui, doit réussir un délicat numéro d’équilibriste en soutenant l’Ukraine tout en maintenant ses relations avec Moscou.

Une neutralité difficile

Quels sont les fronts ouverts avec la ?

Plus concrètement, alors que Moscou soutient le régime du président Bachar el-Assad en Syrie, Ankara soutient les rebelles, mais la présence turque dans la province d’Idlib et dans la zone frontalière du nord-est n’est possible que grâce à un accord avec la Russie qui évite toute action militaire – la sienne et celle de la Syrie – contre les positions turques.

Des tensions existent également dans le Caucase : après que l’Azerbaïdjan a gagné la contre l’Arménie au sujet du Nagorny-Karabakh avec le soutien de la Turquie, la frontière entre les deux pays est désormais contrôlée par une force de maintien de la paix russe avec une présence turque symbolique.

En Libye, Moscou et Ankara ont chacun soutenu deux groupes rivaux, mais le processus de paix entamé l’année dernière a désamorcé le conflit.

Le gaz russe vital

La Russie est le principal fournisseur de gaz de la Turquie, avec 33% du volume total importé. Deux pipelines, Bluestream et Turkstream, traversent la mer Méditerranée, le second devant être ouvert en 2020.

Les positions divergentes en Syrie et en Libye n’ont pas affecté le secteur de l’énergie, mais en cas de confrontation directe, fermer le robinet russe provoquerait l’effondrement immédiat de l’économie turque, car le gaz naturel représente 28 % de la consommation énergétique turque et il est difficile de croire que l’Azerbaïdjan et l’Iran, les deuxième et troisième fournisseurs avec respectivement 21 % et 17 % des approvisionnements, pourraient répondre aux besoins énergétiques du pays.

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En outre, la première centrale nucléaire de Turquie, dont l’ouverture est prévue en 2023, est construite par l’entreprise publique russe Rosatom.

Le système S-400 et la base d’Incirlik

Le composant de défense le plus avancé de la Turquie est le système antimissile russe S-400, installé en 2019. L’achat de ce système a nui aux relations turco-américaines et a entraîné la suspension de la participation de la Turquie à la production des avions de combat F-35 et la livraison de ces appareils qui avaient été promis à Ankara. Washington craint que Moscou, grâce au radar dont est équipé le système S-400, puisse obtenir des données sur les capacités indétectables du F-35.

Le S-400 est un système de défense aérienne mobile qui peut intercepter des avions, des missiles et d’autres cibles aériennes jusqu’à 250 kilomètres de distance. Le système se compose généralement de plusieurs missiles, d’un radar, d’un poste de commandement et peut être transporté par un véhicule spécial. En octobre 2020, Erdogan a confirmé que le système avait été testé à Sinop, un port de la mer Noire, mais l’emplacement réel du S-400 est un secret militaire. Ankara assure que Moscou lui a transféré toute la technologie nécessaire au fonctionnement du système, ce qui signifie en théorie qu’il peut être utilisé pour protéger le pays en cas de conflit avec la Russie.

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Les ont stocké des bombes nucléaires sur la base aérienne d’Incirlik, dans le sud de l’Anatolie, à environ mille kilomètres des côtes ukrainiennes, mais ils doivent demander l’autorisation d’Ankara pour toute utilisation de la base qui ne fait pas partie des opérations de l’OTAN. Face à d’éventuelles représailles russes, la Turquie opterait probablement pour le refus.

Un équilibre instable

En tant que membre de l’OTAN et avec l’Union européenne comme principal partenaire commercial, la Turquie ne peut pas soutenir la Russie contre l’.

Mais une confrontation ouverte avec la Russie ferait non seulement courir un risque énorme à l’économie turque, mais elle obligerait également Ankara à confier sa défense – sans conditions – à l’Alliance de l’Atlantique Nord, ce qu’Erdogan n’a cessé de rejeter au cours de la dernière décennie, prônant plutôt une plus grande indépendance géopolitique.

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