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Le pape François, premier souverain pontife en deux décennies à se rendre à Athènes

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Le pape François est arrivé à Athènes samedi matin en provenance de Chypre, rapporte l’AFP. Il s’agit de la première visite d’un souverain pontifical dans la capitale de la Grèce, pays à majorité orthodoxe, depuis deux décennies. Des mesures de sécurité strictes ont été mises en place dans la ville en raison du traditionnel sentiment anti-Pape.

Dans l’après-midi, le pape prononcera trois discours, l’un devant les autorités civiles, un autre devant l’archevêque orthodoxe Jérôme II et le dernier – devant les représentants de l’Église catholique. Il rencontrera également la présidente de la République hellénique, Katerina Sakellaropoulou, et le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis samedi, selon Agerpres.

Le Vatican a annoncé avant la visite que le pape souhaite « étancher sa soif à la fontaine de la fraternité » et renforcer les liens avec les « frères dans la foi » orthodoxes, séparés des catholiques par le schisme de 1054 entre Rome et Constantinople.

Dans une vidéo diffusée avant son départ de Rome, François s’est présenté comme un « pèlerin » qui va à la rencontre de « tout le monde, pas seulement des catholiques ». Les catholiques ne représentent que 1,2 % de la population du pays, et l’Église orthodoxe a des liens étroits avec l’État.

Il y a « quelques fanatiques anticatholiques bien connus » au sein du synode de l’Église orthodoxe, a déclaré le supérieur de la communauté jésuite en Grèce, Pierre Salembier. Le plus célèbre d’entre eux est le métropolite Séraphin du Pirée, qui a qualifié la visite du pape d' »immorale », selon l’Union des journalistes orthodoxes.

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Le pape François s’est déjà rendu en Grèce, sur l’île de Lesbos en 2016, mais pas à Athènes, où il suit les traces de Jean-Paul II, qui avait visité la capitale grecque en mai 2001. Il a ensuite demandé « le pardon » pour les péchés des catholiques contre les orthodoxes, faisant référence au sac de Constantinople en 1204.

L’ambiance est désormais meilleure, estime l’AFP. Mais on y voit des drones et des véhicules blindés, et la circulation dans certaines rues a été interdite. Les mesures de sécurité se poursuivront jusqu’au départ du pape, lundi, avec la participation de 2 000 policiers.

L’archevêque catholique Theodore Kodidis s’attend à ce que « des individus ou des groupes protestent et reconsidèrent le poids de l’histoire », mais estime que leur influence n’est pas significative et qu’en fait, de nombreux Grecs ne sont pas intéressés par la visite du pape, qui « reste une figure lointaine » pour un pays orthodoxe.

Dimanche, le pontife se rendra à nouveau à Lesbos, où – selon lui – il tentera d’atteindre « les sources de l’humanité » pour soutenir l’accueil et l’intégration des réfugiés. Une quarantaine d’organisations non gouvernementales ont demandé à le rencontrer sur l’île, où quelques jours auparavant une trentaine de demandeurs d’asile supplémentaires avaient débarqué.

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Cette fois, le chef de l’Église catholique fera une brève visite au camp de réfugiés de Mavrovouni, où il rencontrera des familles « choisies au hasard », a déclaré vendredi Dimitris Vafeas, directeur adjoint du camp, à la télévision grecque ERT. Le complexe a été érigé à la hâte après l’incendie qui a détruit le refuge de Moria visité par le pape François il y a cinq ans.

« Nous l’attendons à bras ouverts », a déclaré Berta, une Camerounaise qui espère que le pape « priera pour nous, en raison de l’insécurité dans laquelle nous avons vécu, et nous aidera à traverser cette épreuve avec foi. »

Plus de 900 policiers seront déployés à Lesbos pour cette visite.

A Chypre, le pape a appelé à « ouvrir les yeux » sur « l’esclavage » et « la torture » subis par les migrants. Leurs partisans espèrent que François interviendra pour mettre fin au rejet présumé de ceux qui tentent de franchir la frontière entre la Turquie et la Grèce.

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