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Le film « Where The Crawdads Sing » : critique : Un film rêveur, magnifique et pourtant si ennuyeux qui gaspille Daisy Edgar-Jones.

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La première chose Ă  savoir sur les rĂŞves est qu’ils ne sont pas rĂ©els. Ainsi, lorsque les choses commencent Ă  paraĂ®tre un peu trop belles, trop surrĂ©alistes, trop rĂŞveuses, l’esprit humain prend naturellement ses distances avec la rĂ©alitĂ©. Je suis tout Ă  fait d’accord pour regarder des images Ă©poustouflantes, de jolies robes, de superbes stars Ă  l’Ă©cran, mais cela se fait au dĂ©triment de la crĂ©dibilitĂ©. Et dĂ©solĂ©, mais je ne crois pas que Daisy Edgar-Jones, avec ses jolies tenues, ses cheveux parfaits et sa maison idyllique, essaie de me vendre la pauvretĂ© abjecte, l’abandon, les traumatismes et les abus de l’enfance. (Lire aussi : Critique du film Beast : Idris Elba lutte contre un lion et le bon sens dans le dernier drame de survie d’Hollywood.)

TournĂ© dans le plus beau marais que vous puissiez imaginer, Where The Crawdads Sing est une adaptation du best-seller de Delia Owen et se dĂ©roule en Caroline du Nord dans les annĂ©es 50 et 60. Il prĂ©sente l’histoire de l’enfance Ă  la mort d’une femme, Kya (Daisy Edgar-Jones), qui a Ă©tĂ© abandonnĂ©e par sa mère maltraitĂ©e, son père violent et ses frères et sĹ“urs effrayĂ©s Ă  un très jeune âge. Elle a dĂ» s’Ă©lever en vendant des moules fraĂ®ches provenant du marĂ©cage oĂą elle vit. Elle n’a ni les jupes, ni les chaussures, ni la force de se battre contre les brutes de son Ă©cole, ce qui signifie qu’elle grandit aussi en Ă©tant analphabète. Cependant, elle a un talent pour peindre de jolis tableaux de tout ce qu’elle trouve dans ce marais.

Les scènes sont agrĂ©mentĂ©es de nuances de verts marĂ©cageux, d’eau bleue, de sable blanc et des crĂ©atures colorĂ©es qu’elle aime dessiner. Presque chaque scène est parfaite, y compris les nuances de ses robes, trop jolies pour avoir Ă©tĂ© trouvĂ©es dans la pile de dons d’une Ă©glise. La maison dans laquelle elle vit, toute seule, sans un grain de nourriture ni mĂŞme d’Ă©lectricitĂ©, ressemble au rĂŞve de tout amateur de cottagecore. Au milieu de toutes ces jolies scènes, il est facile d’oublier que la jeune fille n’a pas mangĂ© depuis des jours et qu’elle survit grâce au travail manuel quotidien. Il est facile d’oublier qu’il s’agit d’une histoire d’isolement et d’abandon et qu’elle ne devrait pas vous rendre jaloux de la vie lente qu’elle s’est donnĂ©e.

Bien sĂ»r, il y a aussi l’intrigue du meurtre qui donne le coup d’envoi de l’histoire. Parallèlement aux flashbacks de la vie de Kya dans les annĂ©es 50, se dĂ©roule un procès pour le meurtre de son petit ami (Harris Dickinson) en 1969. L’Ă©trange similitude avec la vie de Delia Owens est Ă©galement très intrigante (la conservationniste Delia est Ă©galement recherchĂ©e pour interrogatoire en Zambie pour le meurtre d’un homme). Elle est la principale suspecte dans cette affaire et est aidĂ©e par l’avocat local, l’une des trois seules personnes dans toute la ville qui sont gentilles avec elle. Dans le plus pur style de Veer Pratap Singh, elle rĂ©cite sa biographie Ă  l’avocat de Rani Mukerji-adjacent, rappelant ses rendez-vous avec tous les hommes toxiques qui ont ruinĂ© sa vie, Ă  commencer par son père.

Une photo de Where The Crawdads Sing.
Une photo de Where The Crawdads Sing.

Les femmes sont giflĂ©es, frappĂ©es, battues Ă  mort Ă  plusieurs moments de son histoire. Kya reprend espoir et perd tout espoir, parfois d’un seul coup, parfois au fil des mois et des annĂ©es. Ă€ travers tout cela, Daisy fait en sorte de ne pas faire un seul pas de travers. Elle parvient Ă  faire passer l’artiste solitaire et amoureux de la nature de manière assez convaincante, mais ce sont les acteurs secondaires qui ne semblent pas ĂŞtre sur la mĂŞme longueur d’onde. Qu’il s’agisse des vieilles personnes qui bavardent avec animation sur la « fille des marais » dans un bar ou des petits amis qui sont soit trop gentils soit trop cruels sans adoucir la transition, les seconds rĂ´les n’ont pas reçu le mĂ©mo leur demandant de baisser le ton.

Alors que le procès vous rappellera le goĂ»t bizarre de To Kill A Mockingbird, dans le mauvais sens du terme, l’ensemble du film aurait dĂ» ĂŞtre plus « The Devil All The Time » qu’une grosse dose de « The Notebook ». Certains n’apprĂ©cieront peut-ĂŞtre pas la façon dont le film rĂ©sout le mystère du meurtre Ă  la fin, mais l’absence de rĂ©cit visuel m’a plutĂ´t plu. Personne ne se la joue Hercule Poirot en racontant la mĂ©thodologie du tueur Ă  l’aide d’une sĂ©quence de flash-back faiblement Ă©clairĂ©e. Le ton de la rĂ©vĂ©lation s’accorde avec le reste du film, mais votre rĂ©action dĂ©pendra du fait que vous ayez prĂ©fĂ©rĂ© l’ambiance lunatique Ă  l’intrigue policière.

Dans l’ensemble, le petit film confus Where the Crawdads Sing a dĂ» retourner plusieurs fois au moodboard avant que le produit final ne soit sanctionnĂ©. Vous pouvez ĂŞtre Gehraiyaan, The Notebook, To Kill A Mockingbird ou The Devil All The Time, mais idĂ©alement, pas tout ce qui prĂ©cède, en mĂŞme temps.

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Nouvelle journaliste chez The Inquirer, adepte des jeux vidéos, et de la pâtisserie dans la vie de tous les jours, je vous partage ici mes actualités que je juge importantes de relayer !