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L’application de suivi des règles de Flo lance un  » mode anonyme « , mais les utilisateurs doivent rester prudents

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Flo, l’application de suivi des règles, espère que son nouveau « mode anonyme » donnera aux utilisateurs la confiance nĂ©cessaire pour continuer Ă  utiliser son produit, alors que les autoritĂ©s policières de tout le pays semblent de plus en plus intĂ©ressĂ©es par l’obtention de donnĂ©es Ă  partir des applications pour poursuivre les personnes qui cherchent Ă  avorter. Les experts en matière de protection de la vie privĂ©e qui se sont entretenus avec Theinquirer ont saluĂ© la mise Ă  jour de Flo, mais ont prĂ©venu qu’elle ne rĂ©pond pas encore Ă  la dĂ©finition de l’anonymat total. De mĂŞme, les experts ont dĂ©clarĂ© que les fonctions de prĂ©servation de la vie privĂ©e comme celles-ci sont fondamentales et ne devraient pas ĂŞtre des options supplĂ©mentaires, en particulier compte tenu des consĂ©quences potentiellement horribles de ces donnĂ©es entre de mauvaises mains.

Flo, l’une des principales applications dans son domaine, censĂ©e compter environ 240 millions d’utilisateurs, a annoncĂ© le mode de prĂ©servation de la vie privĂ©e en juin, environ une semaine après que la Cour suprĂŞme a annulĂ© la dĂ©cision de la Cour europĂ©enne des droits de l’homme. Roe V. Wade. Le mode a Ă©tĂ© officiellement publiĂ© pour les utilisateurs d’iOS mercredi, avec une version Ă  venir le mois prochain. Flo affirme que ce nouveau mode donne Ă  ses utilisateurs la possibilitĂ© d’utiliser ses services sans fournir de nom, d’adresse Ă©lectronique ou d’identifiants d’ĂŞtre associĂ©s aux donnĂ©es de santĂ©. Ces caractĂ©ristiques, selon le communiquĂ© de presse de Flo, constituent une première pour les applications de santĂ© destinĂ©es aux femmes.

La sociĂ©tĂ© dit s’ĂŞtre tournĂ©e vers la sociĂ©tĂ© d’infrastructure web Cloudflare pour l’aider Ă  rĂ©aliser tout cela. En utilisant App Relay de Cloudflare, Flo affirme pouvoir garantir la confidentialitĂ© des utilisateurs Ă  « plusieurs niveaux » – des symptĂ´mes enregistrĂ©s sur un appareil aux donnĂ©es transfĂ©rĂ©es sur le rĂ©seau – et s’assurer qu’aucune partie traitant les donnĂ©es d’un utilisateur n’a une vision complète de l’identitĂ© des utilisateurs et de ce Ă  quoi ils essaient d’accĂ©der. En thĂ©orie, Flo affirme que cette approche devrait rĂ©duire considĂ©rablement l’empreinte numĂ©rique des utilisateurs lorsqu’ils communiquent avec Flo.

« Aujourd’hui, plus que jamais, les femmes mĂ©ritent d’accĂ©der Ă  leurs informations de santĂ© personnelles, de les suivre et d’en avoir un aperçu sans craindre des poursuites gouvernementales », a dĂ©clarĂ© Cath Everett, vice-prĂ©sidente des produits et du contenu de Flo, dans un communiquĂ©. « Nous espĂ©rons que cette Ă©tape marquante servira d’exemple pour le secteur et incitera les entreprises Ă  placer la barre plus haut en ce qui concerne les principes de confidentialitĂ© et de sĂ©curitĂ©. »

Le mode anonyme de Flo se ferait au détriment de certaines fonctionnalités, selon The Verge. Les utilisateurs du mode anonyme, par exemple, ne pourront pas se connecter à un appareil portable et ne pourront pas non plus transférer leurs informations sur un nouvel appareil.

Selon les experts, le mode anonyme est une bonne chose, mais il n’est pas techniquement « anonyme ».

Lors d’un entretien avec Theinquirer, le directeur exĂ©cutif du projet de surveillance technologique, Albert Fox Cahn, a saluĂ© l’effort de Flo, qu’il a dĂ©crit comme un « énorme pas en avant », mais a mis en garde contre une surestimation de ses capacitĂ©s. Bien qu’il s’agisse d’une amĂ©lioration, Fox Cahn craint que le fait de qualifier le mode de « totalement anonyme » ne soit une erreur.

« Flo a fait beaucoup pour limiter les donnĂ©es auxquelles il peut accĂ©der en arrière-plan, mais il y a encore des risques sur la façon dont la police pourrait suivre ces donnĂ©es si jamais elle saisit l’appareil d’un utilisateur », a dĂ©clarĂ© Fox Cahn. « Ces types de pratiques de confidentialitĂ© devraient ĂŞtre beaucoup plus courants, mais la triste vĂ©ritĂ© est que chaque fois que nous suivons nos vies numĂ©riquement, il y a un certain risque que cela puisse ĂŞtre utilisĂ© contre nous dans un tribunal. »

Flo n’a pas immĂ©diatement rĂ©pondu Ă  la demande de commentaire de Theinquirer.

De mĂŞme, la directrice de la campagne Fight for the Future, Caitlin Seeley George, a dĂ©clarĂ© Ă  Theinquirer que le nouveau mode montre que les entreprises accordent plus d’attention Ă  l’après-vente.Roe La sociĂ©tĂ© a rĂ©pondu aux prĂ©occupations relatives Ă  la protection de la vie privĂ©e, mais elle doute que cela suffise Ă  regagner la confiance des utilisateurs sceptiques. L’annĂ©e dernière, une plainte dĂ©posĂ©e par la Federal Trade Commission allĂ©guait que Flo partageait les informations de santĂ© des utilisateurs avec des tiers, alors qu’elle avait dĂ©clarĂ© vouloir prĂ©server la confidentialitĂ© de ces informations. Certains utilisateurs auraient Ă©galement supprimĂ© leur application de suivi de la fertilitĂ© pour des raisons de confidentialitĂ©, Ă  la suite de la plainte dĂ©posĂ©e par Flo. Roe inversions.

Seeley George a poursuivi en disant que des fonctions comme le mode anonyme de Flo devraient ĂŞtre activĂ©es par dĂ©faut pour les entreprises qui traitent des donnĂ©es d’utilisateurs potentiellement sensibles. Ces entreprises, selon Seeley George, devraient Ă©galement crypter les messages de bout en bout, cesser de collecter et de conserver les donnĂ©es de localisation et de recherche, et s’abstenir de vendre des informations Ă  des sociĂ©tĂ©s susceptibles d’en abuser.

« En fin de compte, la protection de la vie privĂ©e ne devrait pas ĂŞtre une fonction supplĂ©mentaire que les entreprises n’adoptent qu’après s’ĂŞtre fait prendre Ă  abuser des donnĂ©es de leurs utilisateurs », a dĂ©clarĂ© M. Seeley George.

Photo : Anna Moneymaker, Getty ImagesPhoto : Anna Moneymaker, Getty Images

Depuis des mois, des dĂ©fenseurs, des chercheurs et des lĂ©gislateurs ont mis en garde contre une crise potentielle de la confidentialitĂ© des donnĂ©es, provoquĂ©e par l’annulation par la Cour suprĂŞme de la dĂ©cision de la Cour europĂ©enne des droits de l’homme. Roe V. Wade. Avec des dizaines d’États interdisant et mĂŞme criminalisant les avortements, beaucoup craignent que les forces de l’ordre locales puissent simplement demander les donnĂ©es des utilisateurs d’applications comme Flo pour potentiellement corroborer les poursuites pĂ©nales.

Il y a dĂ©jĂ  des preuves que cela se produit. Plus tĂ´t cette annĂ©e, les autoritĂ©s du Nebraska ont poursuivi une jeune fille de 17 ans et sa mère pour un avortement apparemment pratiquĂ© Ă  domicile. Les procureurs ont prouvĂ© leur affaire, en partie, en obtenant des messages Facebook entre la jeune fille et sa mère qui confirmeraient qu’elles ont achetĂ© des mĂ©dicaments pour provoquer un avortement. Bien que cette affaire se soit produite avant Roe V. Wade a Ă©tĂ© annulĂ©e, les dĂ©fenseurs des droits de l’homme mettent en garde contre les consĂ©quences potentielles, dans le monde rĂ©el, des donnĂ©es de santĂ© non anonymisĂ©es.

S’il est facile de reprocher Ă  Flo d’avoir ajoutĂ© une fonction supplĂ©mentaire essentielle Ă  la protection de la vie privĂ©e, la triste rĂ©alitĂ© est que les traqueurs de règles et les applications de grossesse, en gĂ©nĂ©ral, sont souvent des cauchemars en matière de vie privĂ©e. Mozilla a examinĂ© 25 de ces applications peu de temps après l’arrĂŞt de la Cour suprĂŞme et a apposĂ© sur 18 d’entre elles la mention « vie privĂ©e non incluse ». Pas une seule des applications de grossesse examinĂ©es ne rĂ©pondait aux normes des chercheurs en matière de protection de la vie privĂ©e. D’après les recherches, la plupart des applications n’avaient pas de directives claires sur la manière dont elles rĂ©pondraient aux demandes de donnĂ©es des forces de l’ordre.

Ce ne sont pas non plus les seuls types d’entreprises capables d’Ă©changer des donnĂ©es sur des personnes potentiellement enceintes. Une enquĂŞte menĂ©e par Theinquirer en dĂ©but d’annĂ©e a permis d’identifier 32 courtiers en donnĂ©es diffĂ©rents Ă  travers les , qui vendaient l’accès aux identifiants mobiles uniques de près de 3 milliards de profils dĂ©crits comme « activement enceintes » ou « achetant des produits de maternité ».

« Nous avons besoin que les entreprises collectent et conservent moins de donnĂ©es dès le dĂ©part, et que le ‘mode anonyme’ devienne la valeur par dĂ©faut afin que personne n’ait Ă  craindre de savoir qui pourrait avoir accès Ă  ses informations », a dĂ©clarĂ© Seeley George. « Cela devrait ĂŞtre la norme non seulement pour les apps collectant des donnĂ©es relatives Ă  la santĂ© et Ă  la reproduction, mais pour toutes les apps. »


Note de la rédaction : Les dates de sortie mentionnées dans cet article sont basées sur les États-Unis, mais seront mises à jour avec les dates locales australiennes dès que nous en saurons plus.

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