Accueil Internationales La stratégie de Biden face aux manœuvres de Poutine, une arme à...

La stratégie de Biden face aux manœuvres de Poutine, une arme à double tranchant : serre-t-il ou défie-t-il le président russe ?

142
0

L’administration Biden a une stratégie : couper l’élan de la Russie à chaque tournant en exposant ses plans par la déclassification des renseignements. Mais Poutine répond en avertissant que cette approche pourrait déclencher un conflit. La stratégie de Biden fonctionne-t-elle ou pourrait-elle pousser la Russie à la guerre ? demande David Sanger dans le NYT.

Par la suite, les ont prévenu que Moscou pourrait tenter de mettre en scène une provocation, une attaque sous faux drapeau contre ses propres forces ou ses alliés, afin de créer un prétexte pour une attaque. Finalement, Washington encourage les services britanniques à exposer le plan de la visant à installer un gouvernement fantoche à .

Tous ces éléments sont des composantes de la stratégie américaine visant à affronter les Russes dans un domaine où Moscou excelle : la de l’information.

Dans le même temps, des débats ont eu lieu sur cette perturbation des actions russes, soulevant la question de savoir si l’administration Biden, en agissant de la sorte, n’allait pas attiser Moscou plutôt que de le dissuader.

Avec cette stratégie, l’administration Biden vise à couper l’élan des Russes à chaque tournant, en exposant leurs plans pour les forcer à chercher des stratégies alternatives. La tactique est à double tranchant, car elle peut également être provocatrice à un moment où les responsables du renseignement n’ont aucune raison de croire que Poutine a pris la décision d’une invasion.

Les avertissements américains et britanniques, insistent les responsables, sont fondés sur ce qu’ils considèrent comme une série d’évaluations de renseignements crédibles, étayées par des images satellites et des photos postées sur montrant les forces massives massées aux frontières de l’. Il pourrait s’agir d’une étude de cas sur l’utilisation préventive du renseignement, note Paul R. Kolbe, ancien chef de la division Eurasie centrale de la CIA.

Lire aussi :  Josep Borrell condamne "fermement" l'acte de Poutine visant à découper de nouveaux territoires en Ukraine

D’autre part, la stratégie des signaux d’avertissement avait déjà suscité un certain malaise en Ukraine, qui s’opposait à ce que les États-Unis qualifient l’invasion d' »imminente » ou de probable.

« Je fais en sorte qu’elle soit aussi tranchante et enflammée que possible », s’est récemment plaint le président ukrainien Volodimir Zelenski. Il a exprimé son point de vue de manière encore plus poignante lors d’un appel téléphonique avec Biden la semaine dernière : « À mon avis, c’est une erreur. »

L’origine des préoccupations de M. Zelensky est compréhensible : il ne veut pas affoler la population ni mettre les investisseurs en fuite. Les conseillers en communication de M. Biden ont donc atténué la rhétorique, abandonnant la description d’une invasion russe « imminente ».

Il communique un message que nous n’avions pas l’intention de donner, à savoir que le président russe a peut-être déjà décidé d’envahir l’Ukraine, a admis Jen Psaki, porte-parole de la Maison Blanche.

Toutefois, d’autres responsables de l’administration disent avoir remarqué des signes indiquant que l’agression américaine a changé l’humeur de Poutine. Lors d’une conférence de presse mardi, le président russe a accusé la Maison Blanche de faire revivre la stratégie d’endiguement de la guerre froide, ajoutant que l’administration Biden tente de l’entraîner dans un conflit. Juste un prétexte pour déclencher des sanctions américaines contre la Russie, a déclaré M. Poutine.

« En ce sens, l’Ukraine elle-même n’est qu’un instrument pour atteindre cet objectif. Elle peut le faire de plusieurs manières, en nous entraînant dans un conflit armé, puis, avec l’aide de ses alliés en Europe, en forçant l’introduction de ces sanctions sévères dont on parle actuellement aux États-Unis », a commenté le président russe.

Lire aussi :  La guerre en Ukraine. Les forces russes ont pris le contrôle de la centrale nucléaire de Zaporozhye.

Cependant, M. Poutine a attiré l’attention de nombreux membres de l’administration Biden principalement par ce qu’il n’a pas dit. Il n’a pas menacé l’OTAN ou les États-Unis de se plier à ses exigences ni ne s’est senti obligé de recourir aux mystérieux « moyens techno-militaires ».

Il s’agit peut-être d’une omission temporaire, écrit l’analyste.

M. Poutine n’a toutefois pas oublié de noter que les réponses des États-Unis et de l’alliance, qui ont filtré dans la presse, ne répondaient en rien à ses principales préoccupations. Il reste du temps pour la diplomatie, a ensuite suggéré M. Poutine – un changement de ton spectaculaire par rapport à l’époque où il avait souligné qu’il voulait des « garanties écrites » et ce, immédiatement.

William B. Taylor Jr, un diplomate chevronné et ancien ambassadeur des États-Unis en Ukraine, a déclaré mercredi que, selon lui, la posture plus agressive de Biden – un passage de la dissuasion passive à la dissuasion active, selon ses termes – porte ses fruits.

« Je pense que Poutine a déjà cédé d’une certaine manière », dit-il, ajoutant que le président russe a adopté une posture d’intimidation, mais qu’il est allé trop loin, et qu’il « cherche maintenant une porte de sortie ».

De l’avis des experts russes, tant au sein du gouvernement russe qu’à l’extérieur, il est peu probable que des négociations prolongées sur le contrôle mutuel des armements ou la limitation des mouvements de troupes et la transparence des exercices soient satisfaisantes pour Poutine – il attend des concessions concrètes avant de pouvoir être persuadé de retirer ses troupes de la frontière ukrainienne, souligne David Sanger dans NYT.

Article précédentComment fonctionnent les avis sur Google Maps
Article suivantVictoire majeure d’Intel devant le tribunal de l’UE, qui a annulé l’amende antitrust de 1,06 milliard d’euros infligée par la Commission européenne.
Digital Nomad depuis 5 ans, en charge de la rédaction du site média The Inquirer, nous sélectionnons pour vous les dernières actualités économiques et internationales de manière indépendante et transparente !