Accueil SantĂ© Des scientifiques trouvent des traces de l’organisme fongique Histoplasma capsulatum en Antarctique

Des scientifiques trouvent des traces de l’organisme fongique Histoplasma capsulatum en Antarctique

50
0

Dans une Ă©tude rĂ©cente publiĂ©e dans la revue Maladies infectieuses Ă©mergentesles scientifiques ont dĂ©tectĂ© Histoplasma capsulatum d’acide dĂ©soxyribonuclĂ©ique (ADN) dans des Ă©chantillons de sol et de matières fĂ©cales de pingouins en Antarctique, ce qui met en Ă©vidence les effets nĂ©fastes d’une activitĂ© humaine accrue sur le continent.

Envoi : DĂ©tection molĂ©culaire d'Histoplasma capsulatum en Antarctique. CrĂ©dit image : SZakharov / Shutterstock Envoi : DĂ©tection molĂ©culaire d’Histoplasma capsulatum en Antarctique. CrĂ©dit image : SZakharov / Shutterstock

Fond d’Ă©cran

L’histoplasmose est une infection provoquĂ©e par l’inhalation de Histoplasma capsulatum spores trouvĂ©es dans les fientes d’oiseaux et de chauves-souris et dispersĂ©es en raison de perturbations environnementales et anthropiques.

Histoplasma capsulatum appartient Ă  l’ordre des Onygenales et est connu pour causer des mycoses systĂ©miques dans de nombreuses rĂ©gions d’Afrique, d’AmĂ©rique du Nord, d’Asie du Sud et d’AmĂ©rique centrale et du Sud, l’incidence Ă©tant la plus Ă©levĂ©e en AmĂ©rique latine. Des Ă©tudes rĂ©centes sur le gĂ©nome entier ont proposĂ© quatre espèces gĂ©nĂ©tiquement diffĂ©rentes. Histoplasma espèce – H. capsulatum (lignĂ©e panamĂ©enne), H. mississippiense (lignĂ©e nord-amĂ©ricaine), H. ohiense (lignĂ©e nord-amĂ©ricaine), et H. suramericanum (lignĂ©e latino-amĂ©ricaine).

MalgrĂ© sa nature inhospitalière, les deux dernières dĂ©cennies ont vu une augmentation de l’activitĂ© humaine en Antarctique sous forme de pĂŞche, de chasse Ă  la baleine, de recherche scientifique et de tourisme. L’afflux d’humains a amenĂ© sur le continent des espèces non indigènes telles que des champignons pathogènes. En outre, il a entraĂ®nĂ© la dispersion des espèces autochtones et endĂ©miques de l’Antarctique vers d’autres masses continentales. Compte tenu de la manière dont la flore et la faune Ă©trangères peuvent perturber les Ă©cosystèmes indigènes, il est impĂ©ratif de surveiller l’introduction d’espèces non endĂ©miques dans une masse continentale.

Lieux d'échantillonnage pour l'étude d'Histoplasma capsulatum en Antarctique. A) Emplacement de la péninsule Antarctique dans le continent Antarctique ; B) Île King George ; C) Île Potter et la zone spécialement protégée de l'Antarctique ASPA N°132. Source : Base de données numériques du SCAR sur l'Antarctique (https://www.scar.org/resources/antarctic-digital-database).

Lieux d’Ă©chantillonnage pour l’Ă©tude d’Histoplasma capsulatum en Antarctique. A) Emplacement de la pĂ©ninsule Antarctique dans le continent Antarctique ; B) ĂŽle King George ; C) ĂŽle Potter et la zone spĂ©cialement protĂ©gĂ©e de l’Antarctique ASPA N°132. Source : Base de donnĂ©es numĂ©riques du SCAR sur l’Antarctique (https://www.scar.org/resources/antarctic-digital-database).

A propos de l’Ă©tude

Dans la prĂ©sente Ă©tude, les chercheurs ont collectĂ© des Ă©chantillons de sol et des Ă©chantillons de matières fĂ©cales de manchots et d’otaries Ă  fourrure dans une zone de protection spĂ©ciale de l’Antarctique sur l’Ă®le King George, connue sous le nom de pĂ©ninsule Potter.

L’extraction de l’ADN gĂ©nomique et la rĂ©action en chaĂ®ne par polymĂ©rase (PCR) ont Ă©tĂ© effectuĂ©es pour gĂ©nĂ©rer les sĂ©quences du d’une protĂ©ine de 100 kilodaltons (kDa). Ces sĂ©quences ont Ă©tĂ© comparĂ©es avec d’autres H. capsulatum Ă  partir de la base de donnĂ©es de sĂ©quences GenBank. Les sĂ©quences ont ensuite Ă©tĂ© utilisĂ©es pour construire un arbre phylogĂ©nĂ©tique afin de dĂ©duire l’histoire de l’Ă©volution de l’espèce. H. capsulatum de l’Antarctique.

RĂ©sultats

Les rĂ©sultats indiquent la prĂ©sence de H. capsulatum Ă  partir de deux des huit Ă©chantillons de sol et de trois des neuf Ă©chantillons fĂ©caux de manchots recueillis. L’arbre phylogĂ©nĂ©tique a rĂ©vĂ©lĂ© diffĂ©rentes affinitĂ©s pour les cinq sĂ©quences gĂ©nĂ©rĂ©es dans cette Ă©tude. Les donnĂ©es gĂ©nĂ©tiques d’un Ă©chantillon de sol et de deux Ă©chantillons fĂ©caux se sont regroupĂ©es avec la lignĂ©e latino-amĂ©ricaine LAmB1, tandis que les autres sĂ©quences des Ă©chantillons de sol et fĂ©caux se sont regroupĂ©es avec les sĂ©quences de l’autre lignĂ©e latino-amĂ©ricaine LAmA2. Aucune des sĂ©quences gĂ©nĂ©rĂ©es dans cette Ă©tude n’a montrĂ© d’affinitĂ©s avec les lignĂ©es nord-amĂ©ricaines ou panamĂ©ennes.

La pĂ©ninsule de Potter, Ă©tant une zone protĂ©gĂ©e, abrite de nombreux oiseaux migrateurs pendant les mois d’Ă©tĂ© et accueille des colonies d’oiseaux et de mammifères marins reproducteurs. Toute cette activitĂ© faunistique a donnĂ© lieu Ă  un sol riche en azote, en calcium, en phosphore et en carbone organique.

Histoplasma capsulatum nĂ©cessite gĂ©nĂ©ralement une tempĂ©rature comprise entre 18 et 28°C et des environnements peu Ă©clairĂ©s avec une humiditĂ© supĂ©rieure Ă  60% pour se dĂ©velopper. Les auteurs pensent que le H. capsulatum Le complexe d’espèces H. capsulatum rĂ©ussit Ă  survivre dans les conditions moins qu’idĂ©ales de l’Antarctique en raison de la forte teneur en matières organiques du sol de la zone de protection spĂ©ciale de l’Antarctique, qui favorise la croissance du champignon. En outre, ils supposent que le champignon aurait pu se disperser sur la masse continentale avec les oiseaux migrateurs ou les humains venant en Antarctique.

Étant donnĂ© les diffĂ©rentes affinitĂ©s phylogĂ©nĂ©tiques de la H. capsulatum de l’Antarctique, les chercheurs pensent qu’il pourrait y avoir eu de multiples dispersions du champignon ou que des changements adaptatifs ont eu lieu dans l’espèce. Les rĂ©sultats phylogĂ©nĂ©tiques indiquent Ă©galement l’histoire gĂ©ologique commune de l’Antarctique et de l’AmĂ©rique du Sud.

Sous un grossissement de 800X, cette photomicrographie révèle certains des détails ultrastructuraux présentés par les organismes fongiques Histoplasma capsulatum, qui ont été extraits d'un isolat jamaïcain comprenant un certain nombre de macroconidies tuberculées et sphéroïdales, et des hyphes filamenteuses diaphanes.

Sous un grossissement de 800X, cette photomicrographie rĂ©vèle certains des dĂ©tails ultrastructuraux prĂ©sentĂ©s par les organismes fongiques Histoplasma capsulatum, qui ont Ă©tĂ© extraits d’un isolat comprenant un certain nombre de macroconidies sphĂ©roĂŻdales tuberculĂ©es et d’hyphes filamenteuses diaphanes.

Conclusions

En conclusion, l’Ă©tude a dĂ©tectĂ© H. capsulatum ADN dans des Ă©chantillons de sol et de matières fĂ©cales de pingouins provenant d’une partie de la zone de protection spĂ©ciale de l’Antarctique, qui abrite de nombreux oiseaux migrateurs et colonies de mammifères marins. Cette dĂ©couverte suggère une prĂ©sence du champignon beaucoup plus large que ce que l’on soupçonnait jusqu’Ă  prĂ©sent et indique Ă©galement la capacitĂ© de l’ADN d’H. capsulatum Ă  se reproduire. H. capsulatum de survivre Ă  des tempĂ©ratures infĂ©rieures Ă  ses conditions de croissance idĂ©ales. Les sĂ©quences d’ADN des Ă©chantillons de sol et de matières fĂ©cales prĂ©sentent des affinitĂ©s phylogĂ©nĂ©tiques diffĂ©rentes, ce qui suggère des dispersions multiples.

Selon les auteurs, Ă©tant donnĂ© la capacitĂ© des pathogènes fongiques tels que le H. capsulatum pour provoquer des infections gĂ©nĂ©ralisĂ©es, la surveillance des champignons pathogènes Ă©mergents et de leur transmission en Antarctique est fondamentale pour prĂ©venir l’histoplasmose et d’autres mycoses.

Référence de la revue :

Article prĂ©cĂ©dentNaomi Osaka, en difficultĂ©, s’ouvre sur sa dĂ©gringolade et sa chute du sommet du jeu.
Article suivantLes transactions basées sur Solana atteignent la barre des 100 milliards en 2 ans