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À quoi ressemble la Terre depuis la station spatiale internationale : « Une boule bleue que nous appelons maison », un spectacle fragile et époustouflant.

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L’astronaute français Thomas Pesquet, de retour après cinq ans d’une mission de six mois à bord de la Station spatiale internationale, a découvert une vue imprenable de la Terre, « la boule bleue que nous appelons maison », mais aussi des signes alarmants : les effets du changement climatique sont visibles depuis l’espace, notamment le recul spectaculaire des glaciers.

Depuis sa dernière visite en 2016, les conséquences des activités humaines sont encore plus évidentes, avec une augmentation marquée des événements météorologiques extrêmes, a révélé l’astronaute français Thomas Pesquet dans une interview à CNN.

« Quand on regarde la Terre depuis la station spatiale, c’est absolument magique. Vous n’êtes pas si loin, donc vous avez toujours une perspective relativement proche. Mais vous pouvez voir la courbure et vous pouvez voir l’atmosphère. Il brille d’une lumière bleue. C’est absolument époustouflant quand on le regarde pour la première fois. C’est le plus beau paysage que vous puissiez imaginer.

Depuis la Terre, on a une impression d’immensité et d’infini. Vous ne pouvez pas concevoir à quel point nous sommes limités. Puis, lorsque vous regardez la Terre dans son ensemble, vous réalisez soudain que nous vivons dans une oasis dans le cosmos. Tout autour de nous, c’est un néant sans vie, une étendue noire et vide, absolument rien en dehors de cette boule bleue qui contient tout ce qui est nécessaire au maintien de la vie humaine et de la vie en général, qui est si fragile », explique l’astronaute.

Lorsque vous le voyez depuis l’espace, vous ressentez le besoin de le protéger, remarque-t-il.

La Terre vue du bord de la station spatiale internationale PHOTO Instagram/Thomas Pesquet

À quoi ressemblent les effets du changement climatique vus de l’espace ?

« Nous pouvons voir de nombreuses conséquences des activités humaines dans l’espace. Certaines d’entre elles proviennent du changement climatique, et d’autres sont simplement de la pollution ancienne, par exemple la pollution des rivières, la pollution atmosphérique. L’effet visuel le plus visible concerne les glaciers qui reculent année après année et mission après mission.

Mais nous assistons également à des phénomènes météorologiques extrêmes qui se renforcent d’année en année. Ma première mission s’est déroulée en 2016-2017, et ma deuxième mission cinq ans plus tard, en 2021. J’ai pu constater une nette augmentation de la fréquence et de la force des phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les ouragans et les incendies de forêt. »

Comment un astronaute peut-il aider ?

Il y a beaucoup de choses que vous pouvez faire depuis l’espace pour aider la planète. Tout d’abord, en tant qu’agence spatiale, nous disposons de satellites qui observent la Terre et peuvent mesurer des variables comme la hauteur des vagues, la température de la mer, la glace sur les calottes polaires qui reculent.

Mais nous pouvons aller un peu plus loin. Nous avons mis en place des expériences visant à protéger la planète – par exemple, des expériences sur les fluides. Les fluides se comportent différemment en orbite. Nos recherches visent donc à comprendre le mouvement du magma et de la lave à l’intérieur de la planète, ainsi que le mouvement des vagues dans l’océan. Cela peut nous aider à anticiper certains des événements météorologiques extrêmes qui affectent notre environnement.

Il est particulièrement important de gérer les ressources limitées à bord de la station spatiale. Nous avons une atmosphère, une eau et une nourriture limitées. Et donc la façon dont nous gérons ces ressources nous donne des techniques que nous pouvons appliquer sur Terre, car les situations sont parallèles. Je pense que les gens peuvent apprendre beaucoup sur la façon dont la technologie spatiale traite l’eau, comment nous la recyclons, comment nous recyclons l’oxygène dans l’air.

Le voyage spatial – un mal nécessaire

« Oui, les voyages dans l’espace produisent du CO2 et ne sont pas entièrement respectueux de l’environnement. Mais je pense que nous devons considérer les aspects positifs et négatifs. Il y a si peu de lancements de fusées que, comparé à l’aviation, aux voitures ou à d’autres industries, notre impact est négligeable. Nous avons besoin d’une activité dans l’espace pour faire de la recherche par satellite. Cela profite grandement à la planète. Donc le voyage dans l’espace est un mal nécessaire.

Si nous partons sur le bon chemin, nous pouvons tout faire. Nous avons construit cette incroyable installation dans l’espace pour une bonne raison. Nous l’utilisons tous les jours, dans le cadre d’une coopération pacifique entre des pays qui n’ont pas toujours été amis. Donc, si nous pouvons transférer ce modèle à la façon dont nous traitons l’environnement, je pense que nous réussirons. Nous sommes suffisamment créatifs, nous avons la technologie et nous avons la volonté. Je suis donc optimiste pour l’avenir. Si nous pouvons faire voler une station spatiale, alors nous pouvons sauver la planète », déclare M. Pesquet.

Thomas Pesquet est un ambassadeur de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). En tant qu’astronaute à bord de l’ISS, il a soutenu les recherches de la FAO sur l’innovation agricole et les méthodes de production alimentaire.

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